Edison Denisov

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Best classical albums of 2012: our critics’ individual choices

Guardian and Observer classical music writers voted for the best CDs of 2012

 

Symphonies de chambre n°1 & 2
Au plus haut des Cieux
Cinq mélodies d’après Anna Akhmatova
(oeuvre d’Ekaterina Kouprovskaia orchestrée par Denisov)

 

12 solistes d’exception en empathie concertante sous la baguette de Daniel Kawka, illustrent cet art millimétré de la conversation atmosphérique tel qu’Edison Denisov (décédé en 1996) l’a subtilement maîtrisée dans le premier volet du programme, la Symphonie de chambre n°1 (1982).

Les musiciens soulignent sans appui d’aucune sorte la transparence du flux polyphonique, jusqu’au murmure d’une forme ciselée qui s’achève dans le silence.Ce souci du timbre converge finalement vers le chant: Denisov étant fasciné par la voix humaine comme en témoigne le cycle poétique et vocal ” Au plus haut des cieux ” (qui donne le titre du programme), daté de 1987 ; dans une forme là encore des plus raffinées, Denisov reste subjugué par le texte de Georges Bataille dont l’hypersensibilité séditieuse, série de tableaux visionnaires, ajoute aux couleurs instrumentales. En écho aux vers de Bataille, Denisov s’est ouvert sur sa propre expérience parfois douloureuse de l’impuissance viscéral de l’être confronté à son destin, au vide de la nuit, au désert sans fin de son errance solitaire… La musique n’apaise pas : elle nourrit la quête (l’infini du bleu) et la tension qui en découle ; c’est ce qu’expriment admirablement les musiciens ; chacun des sept épisodes vocaux accumule le désir et l’attente, l’espoir et le désespoir, ponctué par les courts intermezzi purement instrumentaux qui font respirer une trame parsemée d’éclairs et de conflits intérieurs, de désirs enivrés qui veulent atteindre cet inaccessible but céleste : ” au plus haut des cieux, les anges… “. Hautbois fédérateur, cloche et célesta scintillants et suggestifs… l’orchestre fait entendre cet appel ardent et humain vers les cimes, la pureté impossible, le dépassement de soi qui s’effondre toujours. Espérance, chute, mais volonté sublimée par la divine musique…Quête, prémonitions…Le sentiment du vide et du néant le plus sinistre se précise aussi dans le cycle des mélodies, Cinq romances d’Anna Akhmatova (1988) d’après les textes désespérés de la poétesse russe. La musique est conçue par l’épouse de Denisov, d’une fluidité toute ” denisovienne “, avec un souci des images poétiques, du sens progressif, de la prosodie suggestive.

On ne s’étonne plus du tempérament raffiné du chef français, depuis toujours habité et porté par la passion palpitante des œuvres contemporaines. Apôtre de Boulez, Daniel Kawka enchante littéralement chez Denisov: le scrupule et l’attention millimétrée aux nuances les plus infimes, la musique se fait verbe: elle réussit même là où le mot vacille. Flamboyante et accomplie dans sa formulation poétique grâce à un interprète qui en a saisit toute la portée salvatrice et infinie. De l’éclatement au constat d’une amertume qui cite parfois Mahler (hautbois rêveur et mordant), l’écriture de Denisov gagne une cohérence de ton éblouissante sous la direction d’un chef visiblement touché par son message de dépassement comme de transcendance sonore. L’agitation et les prémonitions de la Symphonie n°2 atteignent une surexpressivité maîtrisée qui disent idéalement l’angoisse irrépressible du compositeur dont l’œuvre de 1994 avait annoncé un accident. Rien n’est gratuit ni bénin: en inscrivant l’écriture de Denisov au cœur de l’expérience humaine, Daniel Kawka signe ici l’un de ses plus beaux disques. Superbe accomplissement.

Adrien De Vries - mardi 19 février 2013
Edison Denisov (1929-1996): Au plus haut des cieux. Symphonie de chambre N°1, N°2. Au plus haut des cieux, Cinq romances d’Anna Akhmatova. 1 cd Harmonia Mundi 3 149020 526828

BEZWINGENDER KLANGSINNDass sich Serialismus, Emotionalität und Spiritualität nicht ausschließen müssen, zeigt dieses Komponistenporträt mit vier Werken von Edison Denisov (1929-1996). In seiner polyphon verdichteten und zugleich eindringlich lyrischen und klangsinnlichen Musiksprache verschmilzt Denisov eine erweiterte Zwölftönigkeit mit einer sublimen, auf gewisse Weise sehr französischen Kunst der Orchestrierung. All seine Musik sei geistliche Musik, so Denisov. Diese Musik kreist nicht etwa um sich selbst, eingeschlossen in eine hermetische Konstruktion, sondern sie drückt sich aus und spricht zum Hörer. Das gilt gewissermaßen von Natur aus für die beiden Zyklen auf dichterische Vorlagen, die den Binnenteil des Programms bilden.
Der auf Worte Georges Batailles komponierte Liederzyklus Au plus haut des cieux ist ein Höhepunkt in Denisovs reifen Schaffen. Ein Kammerorchester erzeugt einen zart schillernden Klangraum, dessen farbliches Raffinement einem Debussy in nichts nachsteht. Darin eingewoben ist die Sopranstimme, die in diesem Fall von der Sängerin Brigitte Peyré stammt. Ihr gelingt eine rhetorische geschliffene Darbietung, trotz einer etwas kurzen und engen Höhe. Doch vermag Peyré daraus stimmige Ausdrucksnuancen zu gewinnen. Zwischen die vokalen Nummern hat Denisov kurze Interludien eingeschaltet, die ein Markenzeichen des Komponisten sind: bewegliche Cluster, die an das Wehen des Windes erinnern. Das Ensemble Orchestral Contemporain musiziert diese Abschnitten fein und luftig. Unter der Leitung von Daniel Kawka gewinnen auch die Cinq Romances d’Anna Akhmatova eine starke Präsenz. Hier gibt sich die Musik auf subtile Weise romantisch und tonal.
Ganz anders, nämlich bei allem Ausdruck abstrakter und komplexer, sind dagegen die Kammersinfonien Nr. 1 und 2. gearbeitet, die das Programm rahmen. Zwar ist auch hier der Satz von Luftigkeit und Transparenz gekennzeichnet, aber der zur Verfügung stehende Raum wird sehr dicht bespielt. Die Darstellung durch die Interpreten ist allerdings so plastisch, dass selbst die polyphon verschlungenen Texturen der 2. Kammersinfonie ganz selbstverständlich und musikalisch sinnig erscheinen. Und stets ist da Denisovs bezwingender Sinn für Klang und Farbe. Die Stimmigkeit der Musik kommt aus der Natürlichkeit, mit der die Form aus dem ausgehörten Klang entsteht und umgekehrt.

Georg Henkel

Ekaterina Kouprovskaia-Denisova ‘s Cinq Romances d’Anna Akhmatova are beautiful settings of poems by the Russian writer Anna Akhmatova, sensitively orchestrated by Edison Denisov for small ensemble. There is mystery, passion and drama here with the settings pointing up the emotions of the original poems. Once again these are terrific performances.
(terrific au sens de formidable, sensationnel ou incroyable, ndlr.)

The Classical Reviewer

Edison Denisov (1929-96) was among the seven composers blacklisted by the Soviet Composers’ Union in 1979, who condemned their work as “pointlessness… noisy mud instead of real musical innovation”. On the contrary, Denisov’s Chamber Symphony No 1 (1982), emerging from those dark days, is subtle, delicate, expressive and singular. The dozen instruments play as soloists, creating gossamer textures. The CD’s title piece, Au plus haut des cieux (1987), for soprano and chamber orchestra, has a similar transparency, exploring death and its mysteries with cool clarity. All the works here come from the composer’s last phase, after he had moved to France and found the relief, and release, of artistic freedom.

Fiona Maddocks, The Observer, Sunday 11 November 2012

The Ensemble Orchestral Contemporain is superb, reliable masters of the idiom caught to flawless perfection in the National Superior Conservatory of Music and Dance in Lyons. Recommend to all looking for a change of pace without pain.

Steven Ritter, Audiophile Audition, June 29, 2013

On ne s’étonne plus du tempérament raffiné du chef français, depuis toujours habité et porté par la passion palpitante des œuvres contemporaines. Apôtre de Boulez, Daniel Kawka enchante littéralement chez Denisov: le scrupule et l’attention millimétrée aux nuances les plus infimes, la musique se fait verbe: elle réussit même là où le mot vacille. Flamboyante et accomplie dans sa formulation poétique grâce à un interprète qui en a saisit toute la portée salvatrice et infinie. De l’éclatement au constat d’une amertume qui cite parfois Mahler (hautbois rêveur et mordant), l’écriture de Denisov gagne une cohérence de ton éblouissante sous la direction d’un chef visiblement touché par son message de dépassement comme de transcendance sonore. L’agitation et les prémonitions de la Symphonie n°2 atteignent une surexpressivité maîtrisée qui disent idéalement l’angoisse irrépressible du compositeur dont l’œuvre de 1994 avait annoncé un accident. Rien n’est gratuit ni bénin: en inscrivant l’écriture de Denisov au cœur de l’expérience humaine, Daniel Kawka signe ici l’un de ses plus beaux disques. Superbe accomplissement.

Classiquenews

 

Ensemble Orchestral Contemporain gives colorful but also suitably subdued performances. Tonal control is a key virtue here, and each of the instrumentalists maintains both an elegant sound and a carefully calibrated balance within the ensemble. Soprano Brigitte Peyré sings with clarity and presence. Her tone is occasionally thin, especially in the upper register, but the music rarely requires her to perform the loud or the sustained notes that could make this unpleasant. Harmonia Mundi France provides their usual warm but clear audio environment for the performers. In fact, both the performance and the recorded sound have an intrinsically French quality, and perhaps that makes these late utterances from Edison Denisov sound even more French in style than they actually are.

Classical CD reviews

 

sia che ben emerge nell’ottima esecuzione dell’Ensemble Orchestral Contemporain diretto con raffinatezza e ricerca intelligente da Daniel Kawka. Ottima in tale contesto anche la voce di Briggite Peyrè. Le note che accompagnano il cd, pur se solo in francese, tedesco ed inglese, sono a cura diEkaterina Kouprovskaia-Denisova: chiarificatorie del percorso proposto.
Pubblicato in:

Gotic network, Anno V 7 gennaio 2013

 

Livret consultable ici.

 

  • Brigitte Peyré: soprano
  • Ensemble Orchestral Contemporain
  • Daniel Kawka: direction
  • Editions Le Chant du Monde / Harmonia Mundi.