Boulez : Mémoriale – Dérive 1 – Dérive 2

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Of all the composers that came into prominence in the second half of the twentieth century, Pierre Boulez remains as central as ever to the original style he helped initiate and develop. He has, perhaps with similarities to Elliot Carter on this side of the pond, sought to realize more and more fully the complex musical language he helped forge, in the process remaining one of its singularly most fluent and eloquent voices. He has not changed his style to suit the passing fancies of later years, but instead has worked and reworked the interlocking complexities he favors to a level that may never be surpassed for sublimity and profound refinement.

A new disk of some of this later works demonstrates this with admirable spirit and clarity. Daniel Kawka and the Ensemble Orchestral Contemporain offer some essential readings of Boulez’s “Memoriale” (1985), his “Derive 1″ (1984) and “Derive 2″ (1988, rev. 2001, 2008). The former works are short, succinct, in some ways preparations for the now 55 minute “Derive 2.” And for all the charm and brilliance of the two earlier works, “Derive 2″ in Kawka’s hands transcends the merely modern to become a thing-in-itself–a dense contrapuntal rush of motion and transformation. Boulez himself made a rather wonderful recording of the two Derives some time ago, but he has not to my knowledge recorded the revised version of the #2. And if anything this piece shines ever more brightly on the Naive (782183) release at hand.

Like Bach’s later works, Boulez’s “Derive 2″ reworks the prexistent (Darmstadt School) style to a point of transcendent brilliance. Mercurial phrases jostle against each other as sectional blocks of the chamber orchestra contribute aurally striking and melodically vital post-tonal parts to the jigsaw puzzle of the whole.

It is certainly one of the master’s finest works. Kawka and the Ensemble Orchestral Contemporain emphasize the remarkable plasticity of form and inventiveness of content in a rendition that ought to be one of the primary benchmarks for the work and Boulez’s later period in general for many years to come.

Grego Applegate Edwards, Classical-Modern Music Review, March 12, 2012.

 

C’est une impressionnante démonstration de liberté dans la contrainte dont le compositeur est friand. Kawka et les solistes de l’Ensemble Orchestral Contemporain sont, apparemment, irréprochables.

François Lafon, Musikzen.

 

Boulez le cérébral, Kawka l’intuitif généreux; l’axiome n’est rien que réductrice et schématique mais elle prend pour nous, valeur de révélation; révélation d’une complémentarité réussie, à l’œuvre ici et bénéfique pour l’auditeur tant la main du chef, flexible, pudique et idéalement mystérieuse, s’accomplit et convainc …

Ce superbe disque incarne une trajectoire aussi magnifique qu’imprévue; un interprète doué d’une finesse superlative si rare rencontre un compositeur non moins majeur; c est d’abord une proximité entretenue, enrichie, approfondie au fil des œuvres, des années et récemment du partage concret… Puisque Pierre Boulez se déplaçait en personne à Montbrison (sa ville natale), pour assister aux répétitions de Dérive 1 et 2 entre autres quand le chef d’orchestre Daniel Kawka dirigeait avant de les enregistrer les deux pièces; temps fort voire aboutissement de longs instants de compréhension, d’assimilation; à Boulez, parfois dogmatique sybillin, le théoricien et le penseur qui rebute, Daniel Kawka apporte un éclairage souple, lumineux, naturel ; comme s’il rétablissait à hauteur d’homme, en un geste très justement incarné, en une respiration claire et un pouls souple, un legs illusoirement distant et inaccessible. Boulez le cérébral, Kawka l’intuitif généreux; l’axiome n’est rien que réductrice et schématique mais elle prend pour nous, valeur de révélation; révélation d’une complémentarité réussie, à l’œuvre ici et bénéfique pour l’auditeur tant la main du chef, flexible, pudique et idéalement mystérieuse, s’accomplit et convainc au service dune écriture quelle sert avec une exceptionnelle intelligence. A n’en pas douter voici l’une des contributions les plus convaincantes enregistrées par l’EOC, Ensemble orchestral Contemporain et son chef fondateur; l’implication si personnelle de ce dernier n’est pas pour rien dans un tel résultat.

Boulez kafkaïen

Travail sur la résonance à partir de l’instrument central (flûte auréolée par les huit autres instruments: excellent Fabrice Jünger), mais aussi ciselure millimétrée constellée d’interruptions alternées qui par séquences / intermittence nourrissent et la tension et les rebonds nés des passages contrastes, Mémoriale déroule son ruban interrogatif progressivement adouci jusqu’à sa résolution à l’unisson d’un mi bémol libérateur. Le jeu des hommages ici se glisse dans une série de perspectives en cascades : références à Strawinsky qui lui même honore pensée et écriture de Debussy. L’équilibre, le relief individualisé de chaque timbre, la précision et la clarté, ce goût spécifique de la couleur comme de l’éclat et de la transparence font aujourd’hui l’identité du geste de Daniel Kawka et de ses supersolistes. Leur complicité, leur écoute, leur entente font miracle dès le première opus du programme.

Dérive 1 (1984) fait valoir les mêmes qualités que celles qui font la réussite de Mémoriale: mais le chef sait ciseler davantage encore la portée allusive du son où chaque inflexion semble couler dans une eau miroitante; malgré le danger de dilution permis par l’enchainement des microépisodes contrastés, la direction intègre la totalité des événements dans un flux au galbe allant et aquatique.

Dans Dérive 2, -tant de fois repris et retravaillé-, où le texte devient prétexte et le prétexte devient texte, le maestro français rétablit outre la clarté du propos de permutation et d’imbrication progressive, le flux organique dont la continuité entre tension et accentuation millimétrée se déroule, s’épanouit malgré la multiplicité des épisodes et des incises séquentielles. Un très grand disque. Et pour les interprètes, chef et instrumentistes, un nouvel accomplissement jubilatoire.

Classique News

 

D’une précision et d’une beauté sonore exemplaire, ce disque témoigne de la fécondité de cet infatigable chercheur de sons qu’est Boulez.

Bruno Serrou

MusicWeb international

RECORDING OF THE MONTH

 

Daniel Kawka writes a few words about his association with Boulez. He has a very wide repertoire but with particular emphasis on French music. He must rank as one of the top conductors and indeed musicians of our time, although as yet, not so well known in the UK as he is on the Continent.
The performances on this CD are beyond reproach. The recording is clear and detailed. This is great music but undoubtedly challenging. It is, however, important and of lasting value.

Gary Higginson

 

Je trouve ce disque très beau. Il s’y trouve une qualité de couleurs, de respirations et de phrasés extraordinaire. Il possède aussi une grande clarté dans la mise en relief des différents plans musicaux et d’une façon générale tout le travail d’écriture par imitations et échos est sublimé. Pour être tout à fait franc, je trouve cette interprétation plus convaincante (…) dans le sens où elle met plus en relief l’aventure musicale en prenant plus de risques. De ce fait elle fait vraiment jaillir le potentiel musical contenu dans les oeuvres.

Marc Texier
  • 2012
  • Pierre Boulez (Compositeur)
  • Daniel Kawka (Chef d'orchestre)
  • Ensemble Orchestral Contemporain (Orchestre)
  • Fabrice Jünger (Interprète)