Le dialogue des carmélites

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Le succès est au rendez-vous: les Coréens sont venus en nombre pour les 4 représentations programmées de cet opéra. (..)

Ce succès aura été le fruit d’un projet de réelle co-production artistique franco-coréenne au travers de l’Institut Français, établissement qui dépend du Ministère des affaires étrangères et dont le but est de promouvoir la culture française à l’étranger, et l’Opéra National de Corée. Un projet ambitieux porté par Jean-Louis Gavatorta, responsable musique classique et contemporaine au sein de l’Institut Français et la directrice de l’Opéra Nationale de Corée Mme Lee.

Ambitieux car il s’agit en quelques mois de sélectionner la plupart des interprètes en Corée qui certes possèdent un vivier de chanteurs de grand talent, mais qu’il faut ensuite familiariser à l’oeuvre et former à la prononciation française. Dès janvier, le pianiste Antoine Palloc et la soprano Mireille Delunsch se déplacèrent donc à Seoul pour y organiser des ateliers en compagnie des chanteurs coréens sélectionnés. Sans parler de toutes les autres composantes qui font la réussite ou non d’un opéra: l’orchestre, dirigé Daniel Kawka, la mise en scène, et les costumes, crées et montés ad-hoc et qui furent une jolie réussite de sobriété jouant sur les trois couleurs bleu blanc rouge du drapeau national.

Un travail significatif en amont qui porte ses fruits sur scène: certes la prononciation des chanteurs coréens n’est pas parfaite, mais quelle importance pour un public coréen qui peut suivre les dialogues grâce aux sous-titres qui s’affichent sur un panneau électronique placé en haut de la scène. Le jeu de scène par contre apparaît très naturel, tandis que la complicité entre Français et Coréens paraît flagrante, notamment lorsque  la Première Prieure interprétée par Sylvie Brunet rend son dernier souffle dans les bras d’une Blanche de Force en larmes interprétée par la soprano coréenne Park Hyun-ju.

Ces Dialogues des Carmélites sont le premier projet musical d’envergure mené à bien par l’Institut Français dans le cadre d’un modèle de coopération innovant et pertinent  pour l’Asie. Dans une région du monde où lorsqu’il est question d’échanges, on pense plus volontiers aux risques de transferts technologiques et de concurrence féroce, voilà peut-être un domaine où au contraire, les échanges et le transfert sont pour le bénéfice de tous, notamment pour un pays comme la France qui peut se prévaloir d’un héritage culturel et historique riche: un argument qui parle aux Coréens qui vantent eux-même l’histoire longue de 5000 ans de leur propre pays.

La gazette de Séoul