Turandot

 

direction musicale, Daniel Kawka
Mise en scène et chorégraphie, Cisco Aznar
Scénographie et costumes, Luis Lara
Lumières, Samuel Marchina
Vidéo, Cisco Aznar et Andreas Pfiffner

avec
Sabine Hogrefe, la princesse Turandot
Mischa Schelomianski, l’empereur de Chine Altoum (son père)
Diana Axentii, Adelma (confidente de Turandot)
Thomas Piffka, le prince Inconnu (Kalaf)
Bernard Deletré, Barak (serviteur de Kalaf)
Loïc Felix, Truffaldino (chef des eunuques)
Josef Wagner, Pantalone (ministre d’Altoum)
Igor Gnidii, Tartaglia (ministre d’Altoum)
Stéphanie Loris, la reine-mère de Samarkand
Lydie Pravikoff, une chanteuse

Orchestre Dijon-Bourgogne, ensemble régional associé
Chœur de l’Opéra de Dijon
Nouvelle production de l’Opéra de Dijon

 

somptueuse et exceptionnelle production

Jean-Marcel Humbert

 

L’hétérogénéité apparente de la partition (on y discerne des touches allemandes et françaises – sans doute serait-il excessif de parler d’influences –, cohabitant avec d’inévitables sonorités exotiques venues d’Orient) n’est pas un problème pour l’excellent Daniel Kawka. (..) Il en restitue la clarté, les arêtes vives, mais aussi le charme certain et les couleurs séduisantes.

Michel Parouty

 

un chef remarquable, Daniel Kawka, attentif à chacun de ses chanteurs, qui galvanise l’orchestre local et le conduit à soutenir la comparaison avec les meilleurs, tous les ingrédients étaient réunis pour une production d’exception.

Musicologie.org

Ariane & Barbe-Bleue

 

Poème Maurice Maeterlinck
Musique Paul Dukas

Orchestre DIJON BOURGOGNE
Choeur de l’Opéra de Dijon
Direction musicale Daniel Kawka
Mise en scène Lilo Baur
Scénographie Sabine Theunissen
Assistante à la mise en scène Mary Lousi
Costumes Greta Goiris
Lumières Gilles Gentner

Chef de chœur Mihály Zeke
Chef de chant Brigitte Clair

avec
Ariane JeanneMichèle Charbonnet
Barbe-Bleue Damien Pass
La nourrrice Delphine Haidan
Sélysette Carine Séchaye
Ygraine Gaëlle Méchaly
Mélisande Emmanuelle de Negri
Bellangère Daphné Touchais
Alladine Erifili Stefanidou

 

 

C’est bien la transposition moderne d’un symbolisme intemporel qu’a réussi la metteure en scène allemande. Quand s’élève le chant sublime des “cinq filles d’Orlamonde”, nous frissonnons. C’est gagné : quelle jolie révélation pour le public que ces deux jeunes chanteuses, Carine Séchaye (Sélysette) et Emmanuelle de Negri (Mélisande). La Bellangère de Daphné Touchais ne manque pas de grâce non plus. La mise en scène de l’acte II de cet opéra, illustrant la victoire de la lumière sur la peur du noir, fait irrésistiblement penser aux films muets de Fritz Lang, période allemande et particulièrement à ses “Nibelungen”. Jusqu’à la fin de l’acte III, l’orchestre est désormais à la hauteur de cette partition complexe et vraiment symphonique, tressant ses ensorcellements mélodiques et sa magie harmonique.

La revue du spectacle.fr

 

….la nappe sonore enrichissant une texture orchestrale absolument captivante. Car la direction de Daniel Kawka accomplit de nouveau des miracles dans la fosse dijonnaise, transcendant comme jamais l’Orchestre Dijon Bourgogne, ce soir ouvragé, solide et parfaitement homogène.

Fort d’un éventail dynamique aussi large que l’ouverture de scène, appuyé sur une acoustique de rêve dont il domestique les possibilités – des silences calés à la perfection sur la résonance –, le chef français aborde la partition en nuancier de climats, des étranges mixtures d’orgue brucknériennes initiales à la fièvre exploratrice des portes, des glauques souterrains dans la lignée des étendues lacustres du Pelléas de Karajan à une conclusion du II aveuglante de lumière, annonçant le Saint François de Messiaen.

Cette variété d’atmosphères – le prélude du III, véritable manteau d’arlequin – permettant de creuser la donnée psychologique, jamais on n’avait senti à ce point chez les filles d’Orlamonde la peur teintée de dévotion à l’égard du tyran meurtri, leur hésitation et leur fidélité à Barbe-Bleue, leur incapacité à le quitter, traduite à merveille par des tenues de cordes impalpables, nimbées de tristesse.

Un accomplissement orchestral….

Altamusica

 

Peu représenté, Ariane et Barbe-Bleue de Paul Dukas, conte en trois actes sur un livret de Maeterlinck créé à l’Opéra Comique en 1907 (cinq ans donc après Pelléas et Mélisande, dont Dukas avait d’emblée été un fervent défenseur), est une œuvre complexe tant sur le plan musical que théâtral. Toujours inventif dans sa programmation, l’Opéra de Dijon a relevé le gant sous la direction stylistiquement parfaite de Daniel Kawka et dans une mise en scène au symbolisme affiché de la Suissesse Lilo Baur.

Pari tenu sur le plan orchestral : Daniel Kawka (photo), à la tête d’un Orchestre Dijon Bourgogne tour à tour fin et incandescent, donne leur raison d’être aux effluves symphoniques d’une partition en mobilité harmonique constante, à l’architecture claire et au couleurs luxuriantes. La scénographie de Sabine Theunissen et la direction d’acteur de Lilo Baur apprivoisent un espace très large habité par des panneaux déplacés à vue au gré de l’ouverture des portes. Un dispositif vertical descendu des cintres symbolise le passage des ténèbres de l’enfermement à la délivrance.
Le plateau est malheureusement en partie décimé par les affres de l’hiver mais, malgré tout, l’Ariane de Jeanne-Michèle Charbonnet (aux aigus poussés et parfois instables) et la nourrice de Delphine Haidan (à l’émission réduite) réussissent à vaincre l’adversité. Le problème réside pourtant dans la difficulté à saisir le texte de Maeterlinck tant la diction se révèle la plupart du temps incompréhensible.

Les cinq femmes de Barbe-Bleue sont bien caractérisées (Sélysette de Carine Séchaye, Ygraine de Gaëlle Méchaly, Mélisande d’Emmanuelle de Negri, Bellangère de Daphné Touchais, Alladine d’Erifili Stefanidou), en particulier quand elles refusent de se libérer de l’emprise de Barbe-Bleue, incarné par un Damien Pass plus théâtral que vocal (scène impressionnante que celle où, ligoté par les paysans, il est livré à Ariane). Les Chœurs de l’Opéra de Dijon, très fournis, scandent avec ferveur à la manière de la tragédie grecque les différents épisodes de l’action.

Somme toute un remarquable moment de musique pure à mettre au crédit de l’Opéra de Dijonet qui permet de mieux comprendre l’admiration qu’Olivier Messiaen portait à son maître Paul Dukas, coloriste comme lui devant l’Eternel.

Michel Le Naour

Dés ténèbres au plein midi

Les chœurs, parfaitement incompréhensibles eux aussi, restent cantonnés à la fonction coloriste, à la nappe sonore enrichissant une texture orchestrale absolument captivante. Car la direction de Daniel Kawka accomplit de nouveau des miracles dans la fosse dijonnaise, transcendant comme jamais l’Orchestre Dijon Bourgogne, ce soir ouvragé, solide et parfaitement homogène.

Yanick Millon, Altamusica, 11/12/2012

Le Château de Barbe-Bleue

 

Direction musicale Daniel Kawka
Mise en scène Patrice Caurier et Moshe Leiser
Décor Christian Fenouillat
Costumes Agostino Cavalca
Lumière Christophe Forey

avec
Barbe-Bleue Gidon Saks
Judith JeanneMichèle Charbonnet
le récitant Eörs Kisfaludy

Orchestre National des Pays de la Loire

 

Les deux chanteurs sont magnifiques: Jeanne-Michèle Chardonnet a la candeur tendre et ingénue des amoureuses sincères; Gidon Saks, la force inquiète d’un animal débusqué et traqué; et dans la fosse,Daniel Kawka fait à nouveau la preuve de son immense talent au service des oeuvres troubles si délicates; son Tristan était anthologique; ce Bartok étincelle par ses audaces; bouleverse par sa transe émotionnelle radicale et irréversible. Le chef fait un travail miraculeux avec les musiciens : sa direction tisse une architecture organique où affleurent et s’interpénètrent accents, motifs, cellules rythmiques… tout ce terreau magique et enchanteur qui nourrit l’envoûtante partition.
D’un spectacle “enchanteur” (selon les termes de l’introduction parlée), le maestro nuance les couleurs flamboyantes, cisèle les contours ténébreux: il montre combien la tension découle peu à peu d’une action où tout est vision, révélation, horreur.

P.A.Pham, classiquesnews 6 octobre 2011

 

En fosse, l’Orchestre National des Pays de la Loire fait preuve de beaucoup de délicatesse et de sensualité (harpe, clarinette, violon), mené avec couleurs par Daniel Kawka qui s’offre le luxe de deux saluts aujourd’hui (cette fois sous les bravi déchaînés).

Laurent Bergnach
BB3

Belle idée d’avoir fait précéder, dans une soirée Bartók, Le Château de Barbe-Bleue (1911) par Le Mandarin merveilleux (1926). Ce couplé avait été étrenné in loco en 2007 et, devant le formidable enthousiasme public et critique qu’il avait suscité à l‘époque, Jean-Paul Davois, directeur de l’ANO, a donc judicieusement choisi de reprendre ces deux titres pour l’ouverture de la saison 2011-2012 d’Angers Nantes Opéra.

Aussi éloigné soit-il dans le temps par rapport à l’opéra de jeunesse du compositeur hongrois, Le Mandarin merveilleux n’en incarne pas moins une sensibilisation aiguë à un univers sonore unique dans la musique du XXe siècle. L’histoire de cette pantomime narre les aventures d’une prostituée, obligée par trois brigands à séduire des passants pour mieux les dépouiller ensuite. Parmi eux, un mandarin, qui finira poignardé après l’acte amoureux, agonisant dans les bras de la jeune fille. Signée par l’Américaine Lucinda Childs, et dansée par des membres de la troupe du ballet de l’Opéra national du Rhin, la chorégraphie séduit par sa fluidité, son dépouillement et son abstraction mêlés. Contraste frappant avec le déferlement orchestral de la partition, magnifié par la baguette magistrale de Daniel Kawka et par un Orchestre national des Pays de la Loire admirable de précision.

Du Château de Barbe-Bleue, on retiendra d’abord l’éclatante conjonction de deux artistes totalement habités, déjà présents en 2007: Gidon Saks dans le rôle de Barbe-Bleue et Jeanne-Michèle Charbonnet dans celui de Judith. Tout en se montrant inquiétant et souvent brutal, le premier apporte néanmoins au personnage une humanité et une souffrance qui bouleversent. D’un chant plus nuancé qu’à son habitude, la basse israélienne subjugue par la beauté d’un timbre noir et par une puissance vocale impressionnante. La seconde brûle également les planches, toute palpitante d’anxieuse curiosité et animée d’une invincible détermination. Elle fait preuve plus encore d’une intensité vocale inouïe, se traduisant parfois en accents rauques et en graves saisissants.

Autre bonheur de la soirée, un orchestre en état de grâce et un chef qui se montre souverain dans l’interprétation constamment incisive de la complexe texture orchestrale bartokienne dont il sait rendre, avec la même sûreté d’approche, les chatoiements comme les rudesses et les aspérités.

Enfin, c’est avec délice que l’on retrouvait la splendide mise en scène de Patrice Caurier et Moshe Leiser, hommes de théâtre qui ont su tisser des liens étroits avec une maison pour laquelle ils auront signé pas moins de cinq productions ces dernières années (dont une Jenůfa et un Falstaff unanimement salués). L’action est transposée dans une chambre d’hôtel à l’atmosphère étouffante d’où sourd immédiatement un malaise, comme si l’on savait, une fois le verrou de la chambre tiré, que Judith n’en sortira pas vivante. De fait, Barbe-Bleue est présenté ici comme un serial killer qui pousse la perversion jusqu’à montrer les polaroïds de ses victimes précédentes à celle qui va compléter la liste. Nulle porte à ouvrir ici hormis celle de l’âme noire et tourmentée de Barbe-Bleue, nulle vérité à découvrir si ce n’est celle de son être profond. Après la scène de la cinquième porte où le fameux contre-ut poussé par la soprano évoque l’orgasme, conclusion d’un bref rapport sexuel, Judith sera étouffée par son tortionnaire avec les draps du lit sur lequel elle se retrouve, pieds et poings liés. Un spectacle dont on ne sort pas indemne…

Emmanuel Andrieu, ConcertoNet

 

L’Orchestre National des Pays de Loire est littéralement galvanisé par Daniel Kawka, maître absolu de cette complexe partition. Un spectacle au fort contenu émotionnel.

Maxime Caprielian, Resmusica

 

Sexe, mensonge et opéra

le chef Daniel Kawka tire habilement partie de l’acoustique malaisée de la Cité des Congrès de Nantes (on ne ressent guère qu’un petit défaut d’équilibre et de clarté entre les différents plans orchestraux, petit défaut qui s’atténue grandement au cours de la soirée) : sa baguette est nerveuse, dynamique et charismatique à souhait, et le soin qu’il apporte à la palette orchestrale est proprement admirable : les timbres sont magnifiques, sensuels et dramatiques à la fois.

Du point de vue strictement musical, la soirée est du reste une réussite pleine et entière. Dans Le Château de Barbe-Bleue, l’orchestre fait à nouveau preuve d’une d’efficacité narrative, et d’une sensibilité musicale en parfaite harmonie avec la dramaturgie. Tout à tour expressionnistes et impressionnistes, mais toujours indubitablement bartokiennes, ses couleurs et atmosphères sont un écrin parfait pour Jeanne-Michèle Charbonnet (Judith) et surtout pour Gidon Saks (extraordinaire Barbe-Bleue, à la prestance tout à la fois sombre et digne et à la voix ténébreuse et tendre).

JÉRÉMIE SZPIRGLAS, 18 OCTOBRE 2011

 

Les spectateurs nantais et angevins ont assisté à un hommage, d’une rare intensité, au compositeur hongrois Bela Bartok. Ceux qui n’avaient pas vu le diptyque en 2007, ont ainsi eu une seconde chance, pour vibrer à la représentation de deux êtres aux consciences fissurées, au bord du gouffre, incarnés avec une bouleversante humanité. La musique tourbillonnante de Bartok sculpte ces mondes intérieurs, et en révèle la profondeur, en de troublants accords. Cet hommage se déclinait en une chorégraphie intimiste, au cours de la soirée Béjart, sur la sonate à trois. Les corps dessinaient, en de fascinantes arabesques, le repli sur soi et l’exclusion, pour illustrer la formule de Sartre « L’enfer, c’est les autres ». Chacune de ces œuvres était une variation sur cet enfer, que tout être porte en soi.
Enfermements

C’est une métaphore de la rencontre amoureuse , du mystère que chacun masque, et de tout ce que l’on voudrait savoir et posséder de l’autre

La vision du Château de Barbe Bleueselon Patrice Caurier et Moshe Leiserest un corps à corps halluciné qui perturbe et émeut. Dans le livret de cet opéra, Judith, extrêmement troublée par Barbe Bleue, le suit dans son château et entreprend d’ouvrir chacune des portes qui révèle un aspect de la personnalité de celui qui l’attire tellement. C’est une métaphore de la rencontre amoureuse , du mystère que chacun masque, et de tout ce que l’on voudrait savoir et posséder de l’autre. La musique, dirigée avec d’infinies nuances par Daniel Kawka, dit le trouble et la part d’ombre, elle exprime l’indicible et l’ineffable. L’interprétation, par Gidon Saks et Jeanne-Michèle Charbonnet, tous deux incandescents, appartient à ces émotions d’opéra dont on ne sort pas indemne.

Le mandarin merveilleux, dans l’envoûtante chorégraphie de Lucinda Childs, est aussi une représentation de la quête de l’autre, mais dans un désir sublimé, qui va jusqu’au sacrifice et à la mort. Caurier et Leiser ont transposé l’action de l’opéra de Bartok dans une chambre d’hôtel. Cette chambre, de laquelle Judith ne sortira pas, rappelle les espaces claustrophobiques, que les deux metteurs en scène ont inventés, pour d’autres spectacles présentés à Angers Nantes Opéra. Ainsi, la décision de l’infanticide, dansJenufa de Janacek, en 2007, avait pour cadre un intérieur suffocant et bas de plafond, tandis que dans la Tosca de 2008, Tosca et Scarpia, au deuxième acte, étaient enfermés dans un bureau aux couleurs glacées pour une relation paroxystique, de bourreau à victime, dictée par une soif de pouvoir sans limites, dans l’accomplissement d’un désir mortifère. Le lien entre Judith et Barbe Bleue trouve sa résolution dans la mort, par le meurtre de celle qui désirait tant savoir. Les interprètes donnent aux spectateurs l’illusion d’être voyeurs, aux portes d’une région que n’atteignent pas les mots, à la croisée de deux vertigineuses errances intérieures.
Château métaphorique et mondes intérieurs en ruines

Lorsque l’on revoit un opéra d’une telle intensité, c’est comme lorsque l’on relit un livre

L’imposant Gidon Saks semble porter sur les épaules tout le poids du château, à moins qu’il n’en soit l’incarnation. Il parvient, par son chant caverneux et un jeu complètement habité, à rendre sensibles les vacillements et les fractures, la poignante solitude de cet être à la dérive et qui échappe à tous ceux qui veulent l’approcher. On songe à cette phrase en exergue de Mort à Venise de Luchino Visconti : « Qui a contemplé la beauté est prédestiné à la mort ». Ce en quoi il rejoint, mais de manière inversée, la figure du mandarin merveilleux. Jeanne-Michèle Charbonnet lui répond par un investissement total, et un chant capable de tous les excès. Elle est à la fois lumineuse et tourmentée, dans le lyrisme exacerbé de celle qui veut espérer jusqu’au bout. L’un des moments les plus perturbants du spectacle est celui où Barbe Bleue regarde des photos de Judith, comme si elle avait déjà rejoint la sphère des êtres du passé. Elle lui rappelle, implorante, qu’elle est toujours là, alors que pour lui, elle semble déjà entrée dans le monde des morts. Il passe à ce moment un frisson glacé dans l’assistance, comme si cette image évoquait les deuils et les pertes de chacun, et toutes les intermittences du cœur. C’est une œuvre qui résonne très intimement, et sa réalisation atteint le sublime. Elle vient ébranler l’édifice intérieur de chaque spectateur. Il s’agit ici de la reprise d’un spectacle de 2007. Lorsque l’on revoit un opéra d’une telle intensité, c’est comme lorsque l’on relit un livre, il nous surprend à un autre moment de notre vie, où nous ne sommes pas exactement les mêmes . Il trouve de nouveaux échos et chaque spectateur apporte, par son histoire, un nouvel éclairage et une lecture singulière. Tout ce que notre regard confère à une œuvre, c’est ce que Umberto Ecco appelle « la coopération interprétative ». Cette soirée Bartok est une page importante et bouleversante dans l’histoire d’Angers Nantes Opéra, nous avons ressenti une vive émotion à la lire une nouvelle fois.

Christophe Gervot

Cosi Fan Tutte

 

Ancona, Teatro delle Muse
Dramma gioco in due atti su libretto di Lorenzo Da Ponte
musica di Wolfgang Amadeus Mozart

Coro Lirico Marchigiano “V.Bellini”
Orchestra Filarmonica Marchigiana.
Direttore d’orchestra Daniel Kawka
Maestro del coro David Crescenzi
regia, scene, costumi Pier Luigi Pizzi
Luci di Vincenzo Raponi
Movimenti coreografici Roberto Maria Pizzuto
Nuovo allestimento Teatro delle Muse in coproduzione con Sferisterio Opera Festival

con
Fiordiligi Carmela Remigio
Dorabella Ketevan Kemoklidze
Guglielmo Markus Werba
Ferrando Paolo Fanale
Despina Giacinta Nicotra
Don Alfonso William Shimel

 

Ha completato al meglio il tutto – grazie anche all’impeccabile direzione di Daniel Kawka, sul podio dell’Orchestra filarmonica marchigiana – quel luminoso insieme di teatro e musica che il genio salisburghese aveva saputo esprimere.

Cronache Anconetane, 22 gennaio 2011

 

L’Orchestra Filarmonica Marchigiana, vanto della nostra Regione per l’alto livello raggiunto, riesce a mantenere costante quell’aura leggera e amorosa della musica mozartiana, che non sfugge all’attenzione del bravo direttore Daniel Kawka, il quale, oltre a rispettare la leggera filigrana del tessuto strumentale, dà rilievo ai differenti timbri strumentali per caratterizzare i personaggi: l’oboe, dal timbro nasale, per il vecchio e cinico Don Alfonso, i clarinetti sensuali e voluttuosi per le due donne disposte all’avventura, i violini e le viole per i sospiri e i singhiozzi (penetrante la lievissima brezza dei violini nel canto dell’addio agli amanti delle due donne), i flauti e i fagotti per le pene e gli affanni e i corni (bravissimi) per i richiami scherzosi. Le convenzioni dell’opera buffa e quelle dell’opera seria si ritrovano nel carattere dei protagonisti: Fiordiligi e Ferrando sono figli dell’opera seria, agli altri è riservato un linguaggio musicale più vicino alla tradizione comica. Le difficili e arcinote arie solistiche, parodie del grande stile tragico, assolutamente scoperte, richiedono doti vocali e stile ineccepibili. Comunque l’opera, imbastita più sui pezzi d’insieme che sui pezzi chiusi, va considerata globalmente. Nell’allestimento anconetano le voci sono affiatatissime e melodiose, restituiscono un’atmosfera costantemente sospesa, tuttavia le voci femminili prevalgono per qualità su quelle maschili.

Una voce poco fa, 22 janvier 2011

 

La direzione di Daniel Kawka si è caratterizzata per tempi decisamente serrati, ai quali però la sempre affidabile Filarmonica Marchigiana ha risposto con un suono brillante e compatto; apprezzabile anche l’attenzione del direttore ai tanti preziosismi della partitura, come il meraviglioso strumentale del terzetto “Soave sia il vento”, attaccato piano e svolto nel prescritto crescendo ma tenendo il suono sempre morbido.

Domenico Ciccone, Operaclick.com

 

Daniel Kawka (..) dirige la ridotta orchestra filarmonica marchigiana con carattere, senza mai abbandonare il palcoscenico creando un buon equilibrio tra buca e palco. Ha dimostrato di privilegiare i momenti più corposi della partitura e di saper in ogni occasione sostenere bene i cantanti. Per un direttore d’orchestra oggigiorno non è poca cosa, in considerazione dei ridottissimi giorni di prova. Pubblico assolutamente compiaciuto e numeroso come una prima comanda.

gbopera.it, Opera magazine

 

COSI FAN TUTTE1

Divorzio All Italiana

Divorzio all’italiana

Giorgio Battistelli

Musical action for the twilight of the family
Libretto by Giorgio Battistelli
Free arrangement by Pietro Germi, Alfredo Giannetti and Ennio De Concini


Conductor Daniel Kawka
Direction David Pountney
Scene and costumes Richard Hudson
Lights Fabrice Kebour
Chorus Master Andrea Faidutti
Characters
Don Sandrino Ferraù Cristiano Cremonini
Don Gaetano Gabriele Ribis
Donna Matilde Marco Bussi
Donna Rosalia Alfonso Antoniozzi
Don Calogero Nicolò Ceriani
Don Fifidda Alessandro Spina
Angela Sonia Visentin
Carmelo Patanè Daichi Fujiki
Felicetto Maurizio Leoni
Don Ciccio Mattia Olivieri
Orchestra and Choir of Teatro Comunale di Bologna
Technicians of Teatro Comunale di Bologna

 

 

Le dialogue des carmélites

Le succès est au rendez-vous: les Coréens sont venus en nombre pour les 4 représentations programmées de cet opéra. (..)

Ce succès aura été le fruit d’un projet de réelle co-production artistique franco-coréenne au travers de l’Institut Français, établissement qui dépend du Ministère des affaires étrangères et dont le but est de promouvoir la culture française à l’étranger, et l’Opéra National de Corée. Un projet ambitieux porté par Jean-Louis Gavatorta, responsable musique classique et contemporaine au sein de l’Institut Français et la directrice de l’Opéra Nationale de Corée Mme Lee.

Ambitieux car il s’agit en quelques mois de sélectionner la plupart des interprètes en Corée qui certes possèdent un vivier de chanteurs de grand talent, mais qu’il faut ensuite familiariser à l’oeuvre et former à la prononciation française. Dès janvier, le pianiste Antoine Palloc et la soprano Mireille Delunsch se déplacèrent donc à Seoul pour y organiser des ateliers en compagnie des chanteurs coréens sélectionnés. Sans parler de toutes les autres composantes qui font la réussite ou non d’un opéra: l’orchestre, dirigé Daniel Kawka, la mise en scène, et les costumes, crées et montés ad-hoc et qui furent une jolie réussite de sobriété jouant sur les trois couleurs bleu blanc rouge du drapeau national.

Un travail significatif en amont qui porte ses fruits sur scène: certes la prononciation des chanteurs coréens n’est pas parfaite, mais quelle importance pour un public coréen qui peut suivre les dialogues grâce aux sous-titres qui s’affichent sur un panneau électronique placé en haut de la scène. Le jeu de scène par contre apparaît très naturel, tandis que la complicité entre Français et Coréens paraît flagrante, notamment lorsque  la Première Prieure interprétée par Sylvie Brunet rend son dernier souffle dans les bras d’une Blanche de Force en larmes interprétée par la soprano coréenne Park Hyun-ju.

Ces Dialogues des Carmélites sont le premier projet musical d’envergure mené à bien par l’Institut Français dans le cadre d’un modèle de coopération innovant et pertinent  pour l’Asie. Dans une région du monde où lorsqu’il est question d’échanges, on pense plus volontiers aux risques de transferts technologiques et de concurrence féroce, voilà peut-être un domaine où au contraire, les échanges et le transfert sont pour le bénéfice de tous, notamment pour un pays comme la France qui peut se prévaloir d’un héritage culturel et historique riche: un argument qui parle aux Coréens qui vantent eux-même l’histoire longue de 5000 ans de leur propre pays.

La gazette de Séoul

Julie

 

Opera de Philippe BOESMANS
Opéra en un acte (2005)
Livret de Luc Bondy et MarieLouise Bischofberger d’après la pièce Mademoiselle Julie d’August Strindberg

Direction musicale Daniel Kawka
Mise en scène Matthew Jocelyn
Scénographie, décors Alain Lagarde
Costumes Zaïa Koscianski
Lumières Pierre Peyronnet

Julie Carolina BruckSantos
Jean Alexander Knop
Kristin Hendrickje Van Kerckhove

Orchestre de Limoges et du Limousin

 

La réussite, car il convient d’entrée de parler de réussite, de cette reprise de Julie de Boesmans à l’Opéra Théâtre de Limoges, est toute entière suspendue et soumise à un incroyable équilibre, à une alchimie de la triangulation entre musique, voix et progression dramatique. Trois paramètres à équidistance du point nodal de l’œuvre – l’unité de lieu, d’action et de temps – où se cristallise l’inéluctable destiné qui vient broyer les protagonistes. Au-delà s’y révèle dans une acception universelle, l’individu prisonnier de déterminismes sociaux auxquels il ne saurait échapper en dépit d’illusoires révoltes et vains combats. Equilibre, soulignons-le, qui tient aussi bien sur le fond que sur la forme, à la perspicacité de Daniel Kawka. Sa direction tranchante et précise comme le fil du rasoir qui vient sceller le drame par le sacrifice de l’héroïne, découpe l’espace de cette tragédie antique avec une intelligence et une habileté sans faille. Car l’enjeu est bien cette syntaxe si particulière au style de Boesmans qui répond aux exigences des rapports entre des individus. L’univers sonore de Boesmans tantôt dénoue tantôt contracte l’espace-temps dévolu à la tragédie. Dans un va-et-vient quasi reptilien de resserrements et de soudaines expansions dynamiques, la matière musicale tisse implacablement sa toile. Toute l’œuvre est ainsi traversée par cette pulsation où les acteurs du drame hésitent et se perdent pour mieux se retrouver et à nouveau se confondre entre fuite en avant et repentir. La conduite de Kawka à la fois fait sienne le flux musical tout en le portant, le colorant et le rythmant en parfaite osmose avec le chant. De sa vigilance dépend cette fragile cohésion de l’ensemble faite de respirations alternées, de brusques élans et d’étirements mélodiques en apnée.

Roland Duclos, Forumopera.fr, 15 Mai 2012

 

J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne

Grand théâtre de Genève

“J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne”.
Opéra en neuf scènes
Livret de Jacques Lenot adapté de la pièce de Jean-Luc Lagarce

Création mondiale Commande du Grand Théâtre de Genève
Orchestre de la Suisse Romande

Distribution
Direction musicale: Daniel Kawka
Mise en scène: Christophe Perton
Décors: Christian Fenouillat
Costumes: Paola Mulone
Lumières: Dominique Borini
Direction choeurs: ChingLien Wu

Gheorghiu Teodora: La Plus Jeune
MacCarthy Valérie: La Seconde
Millot Valérie: La Mère
Curtis Emma: L’Aînée
Denize Nadine: La plus vielle

 

la complexité de cette partition peut heureusement compter sur l’expérience du chef français Daniel Kawka.

Jacques Schmitt, Resmusica, 07/07/07

 

Daniel Kawka livre une interprétation scrupuleuse et précise de ce troublant opéra.

Bertrand Bolognesi, Anaclase 29/01/07

 

La réalisation genevoise rend parfaitement justice à l’œuvre. Christophe Perton a opportunément opté pour la sobriété, comme s’il mettait en scène une tragédie classique, sans jamais exacerber ce que peut avoir d’étouffant cet huis clos. (…)

Il faut enfin souligner la qualité de la direction de Daniel Kawka, lui aussi soumis à rude épreuve, impeccablement précis mais jamais sec, qui a donné au spectacle son rythme et sa tension.
Toute création est un pari. Celui-là est gagné.

Didier van Moere, Concertonet, 29/01/07