Projets discographiques

Projets discographiques en cours:

EOC :

  • Mahler/Stein,  4è symphonie mezzo soprano Isabelle Soccoja : sortie prévue automne 2015
  • O. Adamek, monographie
  • José Manuel Lopez Lopez, monographie

OSE :

  • Mahler : Kindentotenlieder, Rückertlieder, baryton : Vincent Le Texier
  • Ravel-Schmitt : Concerto en sol, concerto pour la main gauche, piano: Vincent Larderet : sortie octobre 2015

 

Retransmission sur France Musique

Pelléas et Mélisande est retransmis sur France Musique jusqu’au 5 mai!

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Pelléas et Mélisande

Claude Debussy.

pelleas

– Drame lyrique – en cinq actes.

Livret de Maurice Maeterlinck, d’après sa pièce éponyme.
Créé à l’Opéra-Comique de Paris, le 30 avril 1902.

Direction musicale Daniel Kawka
Mise en scène Emmanuelle Bastet
Scénographie et costumes Tim Northam
Lumière François Thouret

avec
Armando Noguera, Pelléas
Stéphanie d’Oustrac, Mélisande
Jean-François Lapointe, Golaud
Wolfgang Schöne, Arkel
Cornelia Oncioiu, Geneviève
Chloé Briot, Yniold
Frédéric Caton, Le Docteur
Chœur d’Angers Nantes Opéra Direction Xavier Ribes
Orchestre National des Pays de la Loire
Nouvelle production Angers Nantes Opéra.

Pelléas et Mélisande

Direction musicale Daniel Kawka
Mise en scène Emmanuelle Bastet
Scénographie et costumes Tim Northam
Lumière François Thouret
Chef de choeur Xavier Ribes

avec
Armando Noguera, Pelléas
Stéphanie d’Oustrac, Mélisande
Jean-François Lapointe, Golaud
Wolfgang Schöne, Arkel
Cornelia Oncioiu, Geneviève
Chloé Briot, Yniold
Frédéric Caton, Le Docteur

Chœur d’Angers Nantes Opéra
Orchestre National des Pays de la Loire

 

Mais la soirée reste fascinante (…) l’Orchestre National des Pays de Loire (…) joue impeccablement une partition qu’il possède à la perfection, et la familiarité avec la partition de Daniel Kawka, spécialiste de la musique contemporaine, est complètement audible. Transparence maximale qui n’est pas seulement due à l’effectif réduit, je ne crois pas avoir déjà entendu une telle radiographie de Pelléas, où les motifs sont exaltés sans être jamais soulignés, et où la mise en valeur de chaque plan n’empêche pas une poussée permanente. Il faut au moins écouter la scène de la grotte (II,3), miraculeuse… chaque détail est saillant, et pourtant on a l’impression d’être sans cesse rejeté par l’avant. Et quelle élégance suprême dans le grand duo de l’acte IV – par exemple le hautbois dans « on dirait qu’il a plu dans mon cœur », qui prend son temps avec liberté, ineffable comme jamais.
Les équilibres, les respirations, tout force l’admiration.

Une des grandes directions de Pelléas, j’aurais peine à citer un chef qui m’ait davantage satisfait ici alors même qu’on dispose au disque des plus grands noms et orchestre, et de très belles réussites.

 

Un autre artiste authentique, dans la fosse : Daniel Kawka, qui, avec la simplicité et la modestie des très grands, dirige un orchestre des Pays de la Loire en excellente forme, homogène, chauffé à blanc. La mer qui bat les côtes du royaume d’Allemonde n’est pas celle des aquarelles normandes de Boudin, ou des marines mauves de Monet à Etretat. C’est l’océan sauvage au large d’Ouessant, ses ressacs sombres et sa houle farouche.

Avec un instinct très sûr de la progression du temps, Daniel Kawka ménage des tempi fatidiques, et à chaque moment-clé, un silence stratégique – « cet agent d’expression qui est peut-être la seule façon de faire valoir l’émotion », comme le recommandait Debussy. Qui déplorait par ailleurs « l’orchestre-cocktail, un composé genre boisson américaine, où l’on mélange dix-huit produits, tous les goûts particuliers disparaissent ». A Nantes, la saveur pure du pupitre de bassons, qui projette sur l’opéra une pénombre de sous-bois, ou les pizzicati corsés des contrebasses, l’auraient réjoui.

Gilles Macassar, Télérama 31 mars 2014

 

Acteur essentiel de cette noire aventure sentimentale, le chef Daniel Kawka place la partition sous une lumière directe pour en révéler les moindres détails. C’est aussi grâce à lui que « Pelléas et Mélisande » quitte les brumes de l’approximation et de l’indécision pour un expressionnisme saisissant.

Philippe Venturini, Les echos.fr, 27 mars 2014

 

Comme jadis  pour le Château de Barbe-Bleue selon Patrice Caurier et Moshe Leiser, Daniel Kawka réglait son orchestre sur le plateau, en millimétrant le temps dramatique pour  se caller sur la mise en scène jusque durant les interludes qu’Emmanuelle Bastet transforme en autant de narrations. On ressortait de Graslin en se disant qu’enfin on avait regardé l’ouvrage de Debussy en face, sans plus rien s’en dissimuler.

Jean-Charles Hoffelé, Concertclassic.com 31 mars 2014

 

A cela s’invite l’éloquence millimétrée de l’orchestre qui sous la direction souple, évocatrice, précise de Daniel Kawka diffuse un sensualisme irrésistible mis au diapason des innombrables images et références marines du livret. C’est peu dire que le chef, immense wagnérien et malhérien, élégantissime, nuancé, aborde la partition avec une économie, une mesure boulézienne, sachant aussi éclairer avec une clarté exceptionnelle la continuité organique d’une texture orchestrale finement tressée (imbrication des thèmes, révélée ; accents instrumentaux, filigranés : bassons pour Golaud, hautbois et flûtes amoureux pour Mélisande et Pelléas…, sans omettre de somptueuses vagues de cordes au coloris parfois tristanesque : un régal). Le geste comme les options visuelles réchauffent un ouvrage qui souvent ailleurs, paraît distancié, froid, inaccessible. La réalisation scénographique perce l’énigme ciselée par Debussy en privilégiant la chair et le drame, exaltant salutairement le prodigieux chant de l’orchestre, flamboyant, chambriste, viscéralement psychique. A Daniel Kawka d’une hypersensibilité poétique, toujours magistralement suggestive, revient le mérite d’inscrire le mystère (si proche musicalement et ce dès l’ouverture, du Château de Barbe Bleue de Bartok, – une œuvre qu’il connaît tout aussi profondément pour l’avoir dirigée également pour Angers Nantes Opéra), de rétablir avec la même évidence musicale, le retour au début, comme une boucle sans fin : les derniers accords renouant avec le climat énigmatique et suspendu de l’ouverture. Pelléas rejoint ainsi le Ring dans l’énoncé d’un recommencement cyclique. L’analyse et la vivacité qu’apporte le chef se révèlent essentielles aussi pour la réussite de la nouvelle production. On s’incline devant une telle vibration musicale qui sculpte chaque combinaison de timbres dans le respect d’un Debussy qui en plein orchestre, est le génie de la couleur et de la transparence.

Philippe Alexandre Pham, Classiquenews 27 mars 2014

 

Après nous avoir subjugué in loco dans Le Château de Barbe-Bleue il y a deux saisons, l’excellent chef Daniel Kawka confirme ce soir ses indéniables affinités avec la musique du début du XXe siècle. Il obtient de l’Orchestre National des Pays de la Loire de forts belles qualités de nuances, des transparances réelles, des subtilités très remarquables, le tout au sein d’une vision très construite, utilisant à plusieurs reprises un tempo certes ralenti, mais jamais solennel.

Emmanuel Andrieu, Opera-online.com, 30 mars 2014

 

Au pupitre, Daniel Kawka (…) le geste toujours précis soigne chaque détail, s’ombre de réminiscences parsifaliennes qui font peser sur l’ouvrage de lourds nuages, en parfait accord avec le spectacle en forme de diamant noir poli par Emmanuelle Bastet.

Emmanuel Dupuy, Diapason, 27 mars 2014
Lire l’article sur Classique News.

 

 

Der Ring

Richard wagner european orchestra
chœur de l’opéra de Dijon
Maîtrise de dijon

Direction musicale Daniel Kawka
MISE EN SCÈNE Laurent Joyeux
dramaturgie & collaboration à la mise en scène Stephen Sazio
Scénographie Damien Caille-Perret
création costumes, maquillage & coiffures Claudia Jenatsch
lumières JeanPascal Pracht
assistanat à la mise en scène Yves Lenoir
Assistanat à la scénographie Roberta Chiarito
assistanat aux costumes Lucie Hermand
assistanat maquillages & coiffures Marion Bidaud
chefs de chant Elsa Lambert, Emmanuel Olivier
chef de chœur Mihály Menelaos Zeke
chef de la maitrise Etienne Meyer
pianiste accompagnateur Maurizio Prosperi
Réalisation des décors:
Atelier Espace & Compagnie, Atelier Prelud & Ateliers de l’Opéra de Dijon
Réalisation des costumes:
Atelier Caraco Canezou, Atelier Marie-Hélène Couture, Atelier du Balcon & Ateliers de l’Opéra de Dijon
création des surtitres: Thomas and Neel
avec
Sabine Hogrefe, Brünnhilde
Daniel Brenna, Siegfried | Siegmund
Thomas Bauer, Wotan | der wanderer
Nicholas Folwell, alberich | Gunther | l’homme
Anna Wall , Flosshilde | Siegrune | Griemgerde | la vieille femme
Andrew Zimmerman, loge
Florian Simson, mime
Manuela Bress, Fricka | Waltraute | Schwertleite | 2e Norne
Josefine Weber, Sieglinde | Gutrune | 3e Norne
Christian Hübner , fafner | Hunding | Hagen
Katja Starke, erda | 1ère Norne
FranciscoJavier Borda, fasolt
Hanne Roos, Woglinde | Ortlinde | Helmwige | Freia
Cathy van Roy, Wellgunde | Gerhilde | Rossweise
Yu Chen, froh
Zakaria El Bahri, Donner
Hugues De Mareschal, Clément Guigon, Dorian Martinetto, Augustin Mascarelli, Marin Meyer & Augustin Lesourd, oiseaux de la forêt
Rémi Meyer, enfant figurant
Lucie Hermand, Corbeau figurante

 

A deep orchestra pit helps to ensure that the orchestral sound remains rich while not swamping the singers. And under the baton of Daniel Kawka, the “Richard Wagner European Orchestra” turned in a performance fit to grace any opera house on the planet. The orchestral textures were sumptuous and there was a constant sense of forward impulse from beginning to end.

But overall, this first half of Joyeux’s Ring has been impressive, most of all musically. The melodies ring in my head, there were singing performances to savour and all the grandeur of Wagner’s orchestration came through with full force. Most of all, the music told the story – even to non German speakers struggling with French surtitles – and in a Ring cycle, that’s the most important thing you can ask for. Siegfried and Götterdämerung to follow this evening. I can’t wait.

David Karlin, 7th October 2013

But the last word in this cycle has to belong to Daniel Kawka and the “Richard Wagner European Orchestra”, who sounded fantastic throughout all four operas, giving both newcomers and veterans the full Wagnerian experience: heavy with brass, lushly textured, constantly propelling and propelled by the narrative. Remarkably, this was a scratch orchestra put together in just four months as a result of the intended orchestra having cancelled – a heroic feat indeed.
Submitted by David Karlin on 16th October 2013

Bachtrack

Quand la musique du Ring parait trainer en longueur, ce n’est pas Wagner qui s’essouffle, mais le chef qui s’enlise. Rien à craindre avec Daniel Kawka dont l’interprétation de Tristan en 2009 a prouvé qu’il était un wagnérien de la trempe des Clemens Kraus d’antan ou des Boulez d’aujourd’hui, attentif à l’allant constant du discours comme à l’intimisme chambriste de nombreux dialogues entre deux personnages.Son Ring delesté chante dans l’esprit élégiaque du lied…

Gilles Macassar, Télérama

Cette réussite n’aurait pas été possible sans une interprétation musicale qui, elle aussi, tranche sur l’ordinaire, et suscite l’enthousiasme. Le chef d’orchestre Daniel Kawka en sort grand triomphateur. (…) Il obtient une sonorité aérée et lumineuse, qui aurait enchanté Nietzsche, lui qui souhaitait, après les brumes opaques deParsifal, entendre une musique « méditerranéisée ». Il règne, en particulier sur le pupitre des vents, un éclat de Riviera italienne, l’ensoleillement des vues de Bordighera ou de Portofino, telles que Monet les a peintes.« Ce n’est pas Debussy, mais Wagner qui a inventé l’impressionnisme en musique », rectifiait le regretté Armin Jordan. Daniel Kawka lui donne raison. (…) il contrôle et contient le déferlement sonore, veille à la transparence des textures, à la souplesse des articulations. L’allant et l’intimisme de la musique de chambre. Comme l’esprit concertant du lied.

Gilles Macassar, Télérama, Un impressionnisme solaire

Daniel Kawka, orfèvre du tissu wagnérien

Car ce qui se passe dans la fosse… est un pur miracle. Un défi surmonté (après le désistement du premier orchestre partenaire) et sublimé grâce au seul talent du chef invité à diriger ce Ring musicalement anthologique : Daniel Kawka. Disciple admirateur de Boulez, le maestro français, fondateur de l’Ensemble Orchestral contemporain, déjà écouté dans Tristan ici même (mis en scène par Olivier Py) se révèle d’une sensibilité géniale par sa direction analytique et si subtilement architecturée. Il éblouit par son sens des équilibres sonores, des balances instrumentales, une conception hédoniste et brillante, légère et transparente, surtout organique de l’orchestre wagnérien ; la baguette accomplit un travail formidable sur la partition, sachant fusionner le temps, l’espace, les passions qui submergent les protagonistes : la prouesse tient du génie tant ce résultat esthétiquement si accompli, s’inscrit a contrario du principe de coupures et de séquençage de ce RingWagner/Pauset. Du début à la fin, l’écoute est happée/captivée par le sens de la continuité et de l’aspiration temporelle. D’une articulation superlative, chaque pupitre restitue le tissu symphonique selon les épisodes avec un brio sonore (cuivres ronds, bois mordants, cordes aériennes…) et une profondeur exceptionnellenent riche sur le plan émotionnel. Les étagements idéalement réalisés expriment la suractivité orchestrale, ce continuum permanent d’intentions et de connotations, de réitérations, variations ou développements entremêlées qui composent l’étoffe miroitante de l’orchestre wagnérien. Si parfois les tutti semblent atténués (couverts de facto par la scène), le relief des couleurs, la vision interne qui restitue au flot musical, sa densité vivante, offrent une expérience unique. Voilà longtemps qu’un tel Wagner nous semblait irréalisable : chambriste, psychologique, émotionnel, l’orchestre dit tout ce que les chanteurs taisent malgré eux. Combien l’apport du chef serait décuplé dans un cycle intégral ! Voici assurément l’argument le plus indiscutable de ce Ringdijonnais.

Classiquenews

Cher Daniel Kawka,

La façon dont vous nous avez présenté le Ring en aura marqué plus d’un ( ou devrais-je dire plus d’une… ), tant vous y mettez de coeur, de profondeur, et de magie. (…) et sur ces épaules fondatrices, repose un spectacle encore mieux qu’à Bayreuth. Alors merci encore pour votre présence vibrante et voltigeuse à notre monde si lourd et tourmenté, Je ne doute pas qu’une grande énergie vous soutiendra, car déjà l’inspiration vous porte !

AH

Un Ring des Niebelungen de Richard Wagner révèle un vrai chef wagnerien, Daniel Kawka.
En revanche, aboutissement de dix années d’étude de la partition, la direction de Daniel Kawka est remarquable. Dramatique, tendue à l’extrême, mais aussi poétique, tendre, lyrique aux moments idoines, la vision du chef français est d’une clairvoyance et d’une netteté confondante. Le chef français connaît intimement et aime de toute évidence cette partition dont il tire la quintessence, et l’on regrette qu’il ait à diriger une version tronquée, tant il maîtrise le temps et l’espace, et l’on ne peut que souhaiter qu’une maison d’opéra lui offre rapidement l’opportunité de diriger le cycle dans son intégralité. Kawka réussit la gageure de gommer les néfastes effets des coupures tant il a l’art de la transition, et les moments de poésie irradient de lumière et de sensualité, comme l’hymne au printemps dans l’acte I de la Walkyrie et les Adieux de Wotan dans l’acte III de cette même première journée de l’Anneau du Nibelung, tandis que les moments purement dramatiques sont menés avec énergie.

Bruno Serrou

Daniel Kawka ressent de manière impressionnante l’évidence structurelle et poétique de cette musique sans équivalent. Les Solti, Karajan et autres Furtwängler sont balayés par cette finesse bienfaisante et cette réhabilitation idéale.

Michel Huvet, auteur de 'Wagner sans masques'

L’orchestre, dans l’immense fosse rendue invisible, comme à Bayreuth, est proprement galvanisé par la direction attentive et engagée de Daniel Kawka. Son homogénéité, mais aussi la richesse de sa palette, chambriste, flamboyante ou tellurique, ont de réelles séductions. Bois et cuivres sont particulièrement admirables, le lyrisme des cordes ne manque pas de séduction.

Forumopera

Daniel Kawka et le Richard Wagner European Orchestra nous font goûter aux merveilles sonores du compositeur : les sonorités tour à tour éclatantes mais sans aigreur des cuivres, la nostalgie du cor anglais, la rondeur des cordes, tout cela fait ressortir la magnifique orchestration de celui qui voulait que l’orchestre soit le personnage principal de l’opéra ; ainsi, les situations dramatiques, la sensualité des scènes d’amour, la fraîcheur juvénile de certaines situations sont magnifiées et expliquées par le jeu des timbres; tout parait alors clair dans cette action tortueuse, seul un travail intelligent permet cette perception…

On devait déjà un splendide Tristan à Daniel Kawka. C’est maintenant une confirmation : sa direction, sûre et inspirée, galvanise l’orchestre dont il obtient des couleurs et des nuances d’exception, de la musique de chambre au cataclysme. Pas une réserve tant pour les bois, ronds et charnus, pour les cuivres dans leur plénitude (les cors !) que pour des cordes soyeuses et chaudes. L’orchestre est dans une vaste fosse, invisible comme à Bayreuth, qui favorise l’harmonie et l’homogénéité de l’ensemble sans nuire aucunement à la lisibilité des parties.

Resmusica

Disons d’abord que l’orchestre qui avait été constitué spécialement pour ce Ring dijonnais s’est montré d’un excellent niveau.

La vie wagnerienne, 8 octobre 2O13

Mais gardons le meilleur, et rendons à César ce qui lui revient. En premier lieu, hommage à la battue ardente, serrée, survoltée du chef Daniel Kawka, grand vainqueur de l’histoire.

Jacqueline Thuilleux, concertclassic.com

Tristan & Isolde

Opéra en 3 actes de Richard Wagner
Livret du compositeur
Créé le 18 juin 1865 au Königliches Hof-und National Theater, Munich

direction musicale: Daniel Kawka
mise en scène: Olivier Py
décors, costumes: Pierre-André Weitz
assistants: Wissam Arbace (mise en scène), Bertrand Killy (lumières)
avec
Elaine McKrill , Isolde
Leonid Zahozhaev , Tristan
Martina Dike , Brangäne
Jirky Korhonen , Le Roi Marke
Alfred Walker , Kurwenal
Christophe Berry , un jeune marin, un berger
Eric Vrain , un pilote
Eric Huchet , Melot
Orchestre et Choeur de l’Opéra de Dijon

 

Dans la fosse, les effectifs réunis sous la baguette de Daniel Kawka déploient une sonorité cohérente, indiscutablement convaincante: travail sur la transparence et la motricité des cordes, relief sensuel des bois (hautbois, bassons, clarinettes), opulence gourmande et parfois sarcastique des cuivres: aucun doute, le chef, ailleurs directeur de l’Ensemble orchestral contemporain, connaît son Wagner. Il apporte en amoureux de la partition, un geste généreux, profond, intensément lyrique, qui en particulier dans l’acte de la nuit (celui de l’aveuglement des amants avant qu’ils ne soient donnés par Melot), est capable de s’embraser jusqu’à la fièvre, obtenant des musiciens un superbe tapis sonore: rien de mieux pour rehausser la magie visuelle qui se déroule sur la scène: succession de tableaux différents d’une même chambre, conçus comme les états d’une transe et d’une métamorphose émotionnelle vécues par le couple magnifique. Adaptée à la démesure du cadre, l’ampleur des effectifs requis débordent parfois de la fosse et submerge à quelques endroits les chanteurs, mais l’unité et la tension poétique que fait gravir à ses interprètes, le chef très inspiré, s’avèrent gagnantes. Nous n’avons pas depuis longtemps écouté un Tristan aussi sensuel et électrique, entre extase, abandon, tendresse, amertume. La violence radicale à l’oeuvre n’en est que plus explicite: Tristan, opéra tragique et langoureux? Pas réellement dans la vision de Daniel Kawka: c’est plutôt une décharge permanente et électrique d’énergie et d’hymnes extatiques. Tristan comme Yseult s’y montrent déterminés, tendus vers la mort, entendus comme seule issue de délivrance et de dépassement.

(…)

Ainsi s’achève en 2009, le périple de la production mythique signée Olivier Py (qui marque aussi la fin de la saison lyrique de l’Opéra de Dijon). L’étape dijonaise a démontré l’assurance flamboyante et même électrisée (II) du chef Daniel Kawka dont le travail se poursuit actuellement autour du Crépuscule des Dieuxet des opéras de Richard Strauss.Tristan, Brangäne, Marke y a composé une triade miraculeuse portée par l’allant superlatif de l’orchestre réuni (Camerata de Bourgogne et Orchestre de Dijon). Dommage qu’en son centre “miraculeux”, le chant de la soprano Elaine McKrill, choisie pour Dijon, nous a paru moins évident.
Preuve est donnée quoiqu’il en soit que les meilleures productions passent aussi en province. Il faudra attendre encore quelques années pour voir ce spectacle inouï à Paris. La nouvelle saison 2009-2010 de l’Opéra de Dijon promet de prochaines surprises et découvertes dont classiquenews se fera bientôt l’écho.

Alexandre Pham, Classic News

 

Daniel Kawka a opéré un travail magnifique avec l’orchestre de Dijon. La partition complexe donne l’impression d’être parfaitement maîtrisée : les Leitmotive surgissent avec efficacité, les plans sonores sont différenciés avec habileté, les préludes des premier et troisième actes nous plongent dans l’atmosphère voulue, surtout celui du troisième qui fait retentir superbement le Leitmotiv de la solitude ; le solo de cor anglais relaie cette impression d’une façon angoissante. Des danseurs de capœira apportent du dynamisme à cette ambiance un peu étouffante.

Le plateau est à la fois homogène et convaincant. Le roi Marke est admirablement présent grâce à la voix de basse puissante de Jyrki Korhonen. Elaine McKrill interprète le rôle titre avec subtilité et l’air final « Mild und leise » est conforté par sa musicalité. Le duo d’amour la laisse parfois en dessous du timbre éclatant de Leonid Zakhozhaev : le dialogue entrelacé « O sink Hernieder » ne se fait pas à parts égales. Il faut décerner une mention spéciale à Martina Dike, qui possède une magnifique voix wagnérienne ; elle allie la puissance à la chaleur du timbre, et elle sait aussi se mêler poétiquement à la pâte orchestrale dans « Haben acht » lorsqu’elle est la « gaite de la tour ».

Joelle Farenc, Resmusica

 

Et saluons Daniel Kawka qui, dès le prélude, ajoute à cette ambiance fascinante. Voilà un chef qui sait prendre son temps et ne craint pas les silences. Il a raison car, superbes, ils plongent le spectateur dans un bain métaphysique, ajoutent au magnétisme de la représentation. La palette sonore de la Camerata de Bourgogne-Orchestre de Dijon, est subtile et éclairante, le cor anglais (joué sur scène) est tout à la fois vibrant,
lumineux et désespéré.

Isabelle Stibbe, Anaclase

 

Succédant à l’Américain J. A. le chef français Daniel Kawka, par sa direction souple, d’une grande lisibilité dans la mise en valeur des leitmotive, sait sans cesse relancer l’intérêt. Les musiciens de l’Orchestre de l’Opéra de Dijon et de la Camerata de Bourgogne, sous sa baguette précise et claire, réalisent des miracles de concentration et d’intensité qu’on ne leur connaissait pas, à l’image du cor anglais de Jean-François Louis, d’une belle tenue de souffle qui semble percer l’air raréfié. Par son homogénéité, son engagement, sa poésie, l’ensemble de cette représentation est un moment privilégié, réalisant à sa manière cette osmose entre théâtre et musique que souhaitait Wagner

Michel Le Naour, Concertclassic.tv

 

Après Genève et Angers-Nantes, Dijon ! L’Auditorium de la capitale bourguignonne accueillait pour deux soirées le déjà mythique Tristan d’Olivier Py, qu’on croyait à jamais réservé aux bords du Lac Léman. Parfaite intégration à la salle, orchestre local métamorphosé, distribution d’un meilleur niveau qu’à Bayreuth l’été passé ; bref, une réussite exemplaire.
(…)
La plus grande surprise de la soirée reste toutefois la prestation de l’Orchestre de Dijon, sans doute largement fortifié, qui distille un fondu, une pâte sonore de très belle qualité, où manquent parfois dans le détail certaines aspérités, mais avec une homogénéité et une couleur crépusculaire remarquables.

La direction de Daniel Kawka n’y est pas pour rien, toujours attentive à ne pas couvrir le plateau, réservant ses déflagrations pour les moments à orchestre seul, et d’une magnifique fluidité, d’une qualité de finition transfigurée par des transitions qui laissent le souffle coupé – celle précédant immédiatement la Liebestod offrant l’expérience de l’apesanteur dans l’expectative – et un soin des timbres accouchant d’un monologue du roi Marke parmi les mieux dirigés qu’on ait entendus : vivant, au service du texte, de la déclamation, dénué de toute emphase.
De la distribution, on retiendra l’homogénéité globale, supérieure à ce qu’offrait encore l’été dernier Bayreuth, grâce notamment au choix de voix claires de couleur comme de diction.

Yannick Million, Alta Musica

Tannhauser

 

Opéra de Rome
mise en scène Filippo Crivelli
choeur de l’Opéra de Rome : Andrea Giorgi

avec
Béatrice Uria Monzon/Natacha Petrinsky, Vénus
Stephen Gould/Stig Andersen, Tannhauser
Martina Serafin/Tina Kiberg, Elisabeth
Matthias Görne/Otto Katsamaier, Wolfram

Production Opéra National de Paris
coproduction Grand théâtre Liceu de Barcelone
Tokyo opéra Nomori

 

Molto applaudita la direzione nitida e perfetta del giovane Daniel Kawka e la prova sicura nel ruolo di Elizabeth di Martina Serafin. Menzione per gli infiniti costumi di artisti e comparse, curati da Anna Biagiotti.

Andrea Daz, 06/09/09

 

(…)Conductor Daniel Kawka settled into such a honest performance that he finally won me over with his transparent ensembles, natural pace and cleanliness. I particularly appreciate the way he embraced the orchestra’s sound – bright and flexible, as many Italian orchestras tend to produce – instead of trying to impose a Teutonic large and fat sound that would only vex them. And the house orchestra was in good shape – the brass section could be nobler, but was quite clean, the lean-sounding string sections produced liquid divisions and everybody kept animation to the last chord.

hearvoices.wordpress

 

The musical leadership came from a conductor hitherto unknown to me but a man of great experience, mostly in France. Daniel Kawka had great understanding of the score and had rehearsed the music down to the last detail. The brass was powerful and exciting when required, and I had the sense that every crescendo and fortissimo had been balanced with infinite care.
I was absolutely delighted with the acoustics in the Teatro dell’Opera. The orchestral sound had weight, color, presence and the singers’ voices projected easily into the house

Paul E. Robinson (author of “Herbert von Karajan: the Maestro as Superstar“, and “Sir Georg Solti: His Life and Music“) November 10th, 2009 Classi travels Live concert and Opera reviews

 

After a bumpy act I, conductor Daniel Kawka settled into such a honest performance that he finally won me over with his transparent ensembles, natural pace and cleanliness. I particularly appreciate the way he embraced the orchestra’s sound – bright and flexible, as many Italian orchestras tend to produce – instead of trying to impose a teutonic large and fat sound that would only vex them. And the house orchestra was in good shape – the brass section could be nobler, but was quite clean, the lean-sounding string sections produced liquid divisions and everybody kept animation to the last chord.

Netblog

 

Daniel Kawka dà una bella lettura oggettiva e analitica (…) nel terzo atto si emoziona anche lui e crea una poetica, meravigliosa atmosfera di malinconica attesa, desolata stanchezza e infinita solitudine.

Mauro Mariani

 

Ma e stata la musica la grande protagonista dello spettacolo grazie all’ impegno di un Daniel Kawka preciso e incisivo che, dalla cele berrima Ouverture al mistico finale, ha sempre assicurato all’ esecuzione ampiezza di respiro e varieta di colori.

Virgilio Celletti, 31 10 2009, Avvenire

 

Apprezza anche Daniel Kawka, dirretore in meritata ascesa , che paradossalmentesa trarre vantaggiodel legato assai “italiano” del l’orchestra.

Enrico Girardi, Corriere della sera, 01 11 09

 

Il drettore e attento piu alle sfumature timbriche ed espressive, che ai contrasti. La partitura acquista cosi un tono malinconico e dolcissimo.

Dino Villatico, la Reppublica, 02 11 2009

Turandot

 

direction musicale, Daniel Kawka
Mise en scène et chorégraphie, Cisco Aznar
Scénographie et costumes, Luis Lara
Lumières, Samuel Marchina
Vidéo, Cisco Aznar et Andreas Pfiffner

avec
Sabine Hogrefe, la princesse Turandot
Mischa Schelomianski, l’empereur de Chine Altoum (son père)
Diana Axentii, Adelma (confidente de Turandot)
Thomas Piffka, le prince Inconnu (Kalaf)
Bernard Deletré, Barak (serviteur de Kalaf)
Loïc Felix, Truffaldino (chef des eunuques)
Josef Wagner, Pantalone (ministre d’Altoum)
Igor Gnidii, Tartaglia (ministre d’Altoum)
Stéphanie Loris, la reine-mère de Samarkand
Lydie Pravikoff, une chanteuse

Orchestre Dijon-Bourgogne, ensemble régional associé
Chœur de l’Opéra de Dijon
Nouvelle production de l’Opéra de Dijon

 

somptueuse et exceptionnelle production

Jean-Marcel Humbert

 

L’hétérogénéité apparente de la partition (on y discerne des touches allemandes et françaises – sans doute serait-il excessif de parler d’influences –, cohabitant avec d’inévitables sonorités exotiques venues d’Orient) n’est pas un problème pour l’excellent Daniel Kawka. (..) Il en restitue la clarté, les arêtes vives, mais aussi le charme certain et les couleurs séduisantes.

Michel Parouty

 

un chef remarquable, Daniel Kawka, attentif à chacun de ses chanteurs, qui galvanise l’orchestre local et le conduit à soutenir la comparaison avec les meilleurs, tous les ingrédients étaient réunis pour une production d’exception.

Musicologie.org

Ariane & Barbe-Bleue

 

Poème Maurice Maeterlinck
Musique Paul Dukas

Orchestre DIJON BOURGOGNE
Choeur de l’Opéra de Dijon
Direction musicale Daniel Kawka
Mise en scène Lilo Baur
Scénographie Sabine Theunissen
Assistante à la mise en scène Mary Lousi
Costumes Greta Goiris
Lumières Gilles Gentner

Chef de chœur Mihály Zeke
Chef de chant Brigitte Clair

avec
Ariane JeanneMichèle Charbonnet
Barbe-Bleue Damien Pass
La nourrrice Delphine Haidan
Sélysette Carine Séchaye
Ygraine Gaëlle Méchaly
Mélisande Emmanuelle de Negri
Bellangère Daphné Touchais
Alladine Erifili Stefanidou

 

 

C’est bien la transposition moderne d’un symbolisme intemporel qu’a réussi la metteure en scène allemande. Quand s’élève le chant sublime des “cinq filles d’Orlamonde”, nous frissonnons. C’est gagné : quelle jolie révélation pour le public que ces deux jeunes chanteuses, Carine Séchaye (Sélysette) et Emmanuelle de Negri (Mélisande). La Bellangère de Daphné Touchais ne manque pas de grâce non plus. La mise en scène de l’acte II de cet opéra, illustrant la victoire de la lumière sur la peur du noir, fait irrésistiblement penser aux films muets de Fritz Lang, période allemande et particulièrement à ses “Nibelungen”. Jusqu’à la fin de l’acte III, l’orchestre est désormais à la hauteur de cette partition complexe et vraiment symphonique, tressant ses ensorcellements mélodiques et sa magie harmonique.

La revue du spectacle.fr

 

….la nappe sonore enrichissant une texture orchestrale absolument captivante. Car la direction de Daniel Kawka accomplit de nouveau des miracles dans la fosse dijonnaise, transcendant comme jamais l’Orchestre Dijon Bourgogne, ce soir ouvragé, solide et parfaitement homogène.

Fort d’un éventail dynamique aussi large que l’ouverture de scène, appuyé sur une acoustique de rêve dont il domestique les possibilités – des silences calés à la perfection sur la résonance –, le chef français aborde la partition en nuancier de climats, des étranges mixtures d’orgue brucknériennes initiales à la fièvre exploratrice des portes, des glauques souterrains dans la lignée des étendues lacustres du Pelléas de Karajan à une conclusion du II aveuglante de lumière, annonçant le Saint François de Messiaen.

Cette variété d’atmosphères – le prélude du III, véritable manteau d’arlequin – permettant de creuser la donnée psychologique, jamais on n’avait senti à ce point chez les filles d’Orlamonde la peur teintée de dévotion à l’égard du tyran meurtri, leur hésitation et leur fidélité à Barbe-Bleue, leur incapacité à le quitter, traduite à merveille par des tenues de cordes impalpables, nimbées de tristesse.

Un accomplissement orchestral….

Altamusica

 

Peu représenté, Ariane et Barbe-Bleue de Paul Dukas, conte en trois actes sur un livret de Maeterlinck créé à l’Opéra Comique en 1907 (cinq ans donc après Pelléas et Mélisande, dont Dukas avait d’emblée été un fervent défenseur), est une œuvre complexe tant sur le plan musical que théâtral. Toujours inventif dans sa programmation, l’Opéra de Dijon a relevé le gant sous la direction stylistiquement parfaite de Daniel Kawka et dans une mise en scène au symbolisme affiché de la Suissesse Lilo Baur.

Pari tenu sur le plan orchestral : Daniel Kawka (photo), à la tête d’un Orchestre Dijon Bourgogne tour à tour fin et incandescent, donne leur raison d’être aux effluves symphoniques d’une partition en mobilité harmonique constante, à l’architecture claire et au couleurs luxuriantes. La scénographie de Sabine Theunissen et la direction d’acteur de Lilo Baur apprivoisent un espace très large habité par des panneaux déplacés à vue au gré de l’ouverture des portes. Un dispositif vertical descendu des cintres symbolise le passage des ténèbres de l’enfermement à la délivrance.
Le plateau est malheureusement en partie décimé par les affres de l’hiver mais, malgré tout, l’Ariane de Jeanne-Michèle Charbonnet (aux aigus poussés et parfois instables) et la nourrice de Delphine Haidan (à l’émission réduite) réussissent à vaincre l’adversité. Le problème réside pourtant dans la difficulté à saisir le texte de Maeterlinck tant la diction se révèle la plupart du temps incompréhensible.

Les cinq femmes de Barbe-Bleue sont bien caractérisées (Sélysette de Carine Séchaye, Ygraine de Gaëlle Méchaly, Mélisande d’Emmanuelle de Negri, Bellangère de Daphné Touchais, Alladine d’Erifili Stefanidou), en particulier quand elles refusent de se libérer de l’emprise de Barbe-Bleue, incarné par un Damien Pass plus théâtral que vocal (scène impressionnante que celle où, ligoté par les paysans, il est livré à Ariane). Les Chœurs de l’Opéra de Dijon, très fournis, scandent avec ferveur à la manière de la tragédie grecque les différents épisodes de l’action.

Somme toute un remarquable moment de musique pure à mettre au crédit de l’Opéra de Dijonet qui permet de mieux comprendre l’admiration qu’Olivier Messiaen portait à son maître Paul Dukas, coloriste comme lui devant l’Eternel.

Michel Le Naour

Dés ténèbres au plein midi

Les chœurs, parfaitement incompréhensibles eux aussi, restent cantonnés à la fonction coloriste, à la nappe sonore enrichissant une texture orchestrale absolument captivante. Car la direction de Daniel Kawka accomplit de nouveau des miracles dans la fosse dijonnaise, transcendant comme jamais l’Orchestre Dijon Bourgogne, ce soir ouvragé, solide et parfaitement homogène.

Yanick Millon, Altamusica, 11/12/2012

Le Château de Barbe-Bleue

 

Direction musicale Daniel Kawka
Mise en scène Patrice Caurier et Moshe Leiser
Décor Christian Fenouillat
Costumes Agostino Cavalca
Lumière Christophe Forey

avec
Barbe-Bleue Gidon Saks
Judith JeanneMichèle Charbonnet
le récitant Eörs Kisfaludy

Orchestre National des Pays de la Loire

 

Les deux chanteurs sont magnifiques: Jeanne-Michèle Chardonnet a la candeur tendre et ingénue des amoureuses sincères; Gidon Saks, la force inquiète d’un animal débusqué et traqué; et dans la fosse,Daniel Kawka fait à nouveau la preuve de son immense talent au service des oeuvres troubles si délicates; son Tristan était anthologique; ce Bartok étincelle par ses audaces; bouleverse par sa transe émotionnelle radicale et irréversible. Le chef fait un travail miraculeux avec les musiciens : sa direction tisse une architecture organique où affleurent et s’interpénètrent accents, motifs, cellules rythmiques… tout ce terreau magique et enchanteur qui nourrit l’envoûtante partition.
D’un spectacle “enchanteur” (selon les termes de l’introduction parlée), le maestro nuance les couleurs flamboyantes, cisèle les contours ténébreux: il montre combien la tension découle peu à peu d’une action où tout est vision, révélation, horreur.

P.A.Pham, classiquesnews 6 octobre 2011

 

En fosse, l’Orchestre National des Pays de la Loire fait preuve de beaucoup de délicatesse et de sensualité (harpe, clarinette, violon), mené avec couleurs par Daniel Kawka qui s’offre le luxe de deux saluts aujourd’hui (cette fois sous les bravi déchaînés).

Laurent Bergnach
BB3

Belle idée d’avoir fait précéder, dans une soirée Bartók, Le Château de Barbe-Bleue (1911) par Le Mandarin merveilleux (1926). Ce couplé avait été étrenné in loco en 2007 et, devant le formidable enthousiasme public et critique qu’il avait suscité à l‘époque, Jean-Paul Davois, directeur de l’ANO, a donc judicieusement choisi de reprendre ces deux titres pour l’ouverture de la saison 2011-2012 d’Angers Nantes Opéra.

Aussi éloigné soit-il dans le temps par rapport à l’opéra de jeunesse du compositeur hongrois, Le Mandarin merveilleux n’en incarne pas moins une sensibilisation aiguë à un univers sonore unique dans la musique du XXe siècle. L’histoire de cette pantomime narre les aventures d’une prostituée, obligée par trois brigands à séduire des passants pour mieux les dépouiller ensuite. Parmi eux, un mandarin, qui finira poignardé après l’acte amoureux, agonisant dans les bras de la jeune fille. Signée par l’Américaine Lucinda Childs, et dansée par des membres de la troupe du ballet de l’Opéra national du Rhin, la chorégraphie séduit par sa fluidité, son dépouillement et son abstraction mêlés. Contraste frappant avec le déferlement orchestral de la partition, magnifié par la baguette magistrale de Daniel Kawka et par un Orchestre national des Pays de la Loire admirable de précision.

Du Château de Barbe-Bleue, on retiendra d’abord l’éclatante conjonction de deux artistes totalement habités, déjà présents en 2007: Gidon Saks dans le rôle de Barbe-Bleue et Jeanne-Michèle Charbonnet dans celui de Judith. Tout en se montrant inquiétant et souvent brutal, le premier apporte néanmoins au personnage une humanité et une souffrance qui bouleversent. D’un chant plus nuancé qu’à son habitude, la basse israélienne subjugue par la beauté d’un timbre noir et par une puissance vocale impressionnante. La seconde brûle également les planches, toute palpitante d’anxieuse curiosité et animée d’une invincible détermination. Elle fait preuve plus encore d’une intensité vocale inouïe, se traduisant parfois en accents rauques et en graves saisissants.

Autre bonheur de la soirée, un orchestre en état de grâce et un chef qui se montre souverain dans l’interprétation constamment incisive de la complexe texture orchestrale bartokienne dont il sait rendre, avec la même sûreté d’approche, les chatoiements comme les rudesses et les aspérités.

Enfin, c’est avec délice que l’on retrouvait la splendide mise en scène de Patrice Caurier et Moshe Leiser, hommes de théâtre qui ont su tisser des liens étroits avec une maison pour laquelle ils auront signé pas moins de cinq productions ces dernières années (dont une Jenůfa et un Falstaff unanimement salués). L’action est transposée dans une chambre d’hôtel à l’atmosphère étouffante d’où sourd immédiatement un malaise, comme si l’on savait, une fois le verrou de la chambre tiré, que Judith n’en sortira pas vivante. De fait, Barbe-Bleue est présenté ici comme un serial killer qui pousse la perversion jusqu’à montrer les polaroïds de ses victimes précédentes à celle qui va compléter la liste. Nulle porte à ouvrir ici hormis celle de l’âme noire et tourmentée de Barbe-Bleue, nulle vérité à découvrir si ce n’est celle de son être profond. Après la scène de la cinquième porte où le fameux contre-ut poussé par la soprano évoque l’orgasme, conclusion d’un bref rapport sexuel, Judith sera étouffée par son tortionnaire avec les draps du lit sur lequel elle se retrouve, pieds et poings liés. Un spectacle dont on ne sort pas indemne…

Emmanuel Andrieu, ConcertoNet

 

L’Orchestre National des Pays de Loire est littéralement galvanisé par Daniel Kawka, maître absolu de cette complexe partition. Un spectacle au fort contenu émotionnel.

Maxime Caprielian, Resmusica

 

Sexe, mensonge et opéra

le chef Daniel Kawka tire habilement partie de l’acoustique malaisée de la Cité des Congrès de Nantes (on ne ressent guère qu’un petit défaut d’équilibre et de clarté entre les différents plans orchestraux, petit défaut qui s’atténue grandement au cours de la soirée) : sa baguette est nerveuse, dynamique et charismatique à souhait, et le soin qu’il apporte à la palette orchestrale est proprement admirable : les timbres sont magnifiques, sensuels et dramatiques à la fois.

Du point de vue strictement musical, la soirée est du reste une réussite pleine et entière. Dans Le Château de Barbe-Bleue, l’orchestre fait à nouveau preuve d’une d’efficacité narrative, et d’une sensibilité musicale en parfaite harmonie avec la dramaturgie. Tout à tour expressionnistes et impressionnistes, mais toujours indubitablement bartokiennes, ses couleurs et atmosphères sont un écrin parfait pour Jeanne-Michèle Charbonnet (Judith) et surtout pour Gidon Saks (extraordinaire Barbe-Bleue, à la prestance tout à la fois sombre et digne et à la voix ténébreuse et tendre).

JÉRÉMIE SZPIRGLAS, 18 OCTOBRE 2011

 

Les spectateurs nantais et angevins ont assisté à un hommage, d’une rare intensité, au compositeur hongrois Bela Bartok. Ceux qui n’avaient pas vu le diptyque en 2007, ont ainsi eu une seconde chance, pour vibrer à la représentation de deux êtres aux consciences fissurées, au bord du gouffre, incarnés avec une bouleversante humanité. La musique tourbillonnante de Bartok sculpte ces mondes intérieurs, et en révèle la profondeur, en de troublants accords. Cet hommage se déclinait en une chorégraphie intimiste, au cours de la soirée Béjart, sur la sonate à trois. Les corps dessinaient, en de fascinantes arabesques, le repli sur soi et l’exclusion, pour illustrer la formule de Sartre « L’enfer, c’est les autres ». Chacune de ces œuvres était une variation sur cet enfer, que tout être porte en soi.
Enfermements

C’est une métaphore de la rencontre amoureuse , du mystère que chacun masque, et de tout ce que l’on voudrait savoir et posséder de l’autre

La vision du Château de Barbe Bleueselon Patrice Caurier et Moshe Leiserest un corps à corps halluciné qui perturbe et émeut. Dans le livret de cet opéra, Judith, extrêmement troublée par Barbe Bleue, le suit dans son château et entreprend d’ouvrir chacune des portes qui révèle un aspect de la personnalité de celui qui l’attire tellement. C’est une métaphore de la rencontre amoureuse , du mystère que chacun masque, et de tout ce que l’on voudrait savoir et posséder de l’autre. La musique, dirigée avec d’infinies nuances par Daniel Kawka, dit le trouble et la part d’ombre, elle exprime l’indicible et l’ineffable. L’interprétation, par Gidon Saks et Jeanne-Michèle Charbonnet, tous deux incandescents, appartient à ces émotions d’opéra dont on ne sort pas indemne.

Le mandarin merveilleux, dans l’envoûtante chorégraphie de Lucinda Childs, est aussi une représentation de la quête de l’autre, mais dans un désir sublimé, qui va jusqu’au sacrifice et à la mort. Caurier et Leiser ont transposé l’action de l’opéra de Bartok dans une chambre d’hôtel. Cette chambre, de laquelle Judith ne sortira pas, rappelle les espaces claustrophobiques, que les deux metteurs en scène ont inventés, pour d’autres spectacles présentés à Angers Nantes Opéra. Ainsi, la décision de l’infanticide, dansJenufa de Janacek, en 2007, avait pour cadre un intérieur suffocant et bas de plafond, tandis que dans la Tosca de 2008, Tosca et Scarpia, au deuxième acte, étaient enfermés dans un bureau aux couleurs glacées pour une relation paroxystique, de bourreau à victime, dictée par une soif de pouvoir sans limites, dans l’accomplissement d’un désir mortifère. Le lien entre Judith et Barbe Bleue trouve sa résolution dans la mort, par le meurtre de celle qui désirait tant savoir. Les interprètes donnent aux spectateurs l’illusion d’être voyeurs, aux portes d’une région que n’atteignent pas les mots, à la croisée de deux vertigineuses errances intérieures.
Château métaphorique et mondes intérieurs en ruines

Lorsque l’on revoit un opéra d’une telle intensité, c’est comme lorsque l’on relit un livre

L’imposant Gidon Saks semble porter sur les épaules tout le poids du château, à moins qu’il n’en soit l’incarnation. Il parvient, par son chant caverneux et un jeu complètement habité, à rendre sensibles les vacillements et les fractures, la poignante solitude de cet être à la dérive et qui échappe à tous ceux qui veulent l’approcher. On songe à cette phrase en exergue de Mort à Venise de Luchino Visconti : « Qui a contemplé la beauté est prédestiné à la mort ». Ce en quoi il rejoint, mais de manière inversée, la figure du mandarin merveilleux. Jeanne-Michèle Charbonnet lui répond par un investissement total, et un chant capable de tous les excès. Elle est à la fois lumineuse et tourmentée, dans le lyrisme exacerbé de celle qui veut espérer jusqu’au bout. L’un des moments les plus perturbants du spectacle est celui où Barbe Bleue regarde des photos de Judith, comme si elle avait déjà rejoint la sphère des êtres du passé. Elle lui rappelle, implorante, qu’elle est toujours là, alors que pour lui, elle semble déjà entrée dans le monde des morts. Il passe à ce moment un frisson glacé dans l’assistance, comme si cette image évoquait les deuils et les pertes de chacun, et toutes les intermittences du cœur. C’est une œuvre qui résonne très intimement, et sa réalisation atteint le sublime. Elle vient ébranler l’édifice intérieur de chaque spectateur. Il s’agit ici de la reprise d’un spectacle de 2007. Lorsque l’on revoit un opéra d’une telle intensité, c’est comme lorsque l’on relit un livre, il nous surprend à un autre moment de notre vie, où nous ne sommes pas exactement les mêmes . Il trouve de nouveaux échos et chaque spectateur apporte, par son histoire, un nouvel éclairage et une lecture singulière. Tout ce que notre regard confère à une œuvre, c’est ce que Umberto Ecco appelle « la coopération interprétative ». Cette soirée Bartok est une page importante et bouleversante dans l’histoire d’Angers Nantes Opéra, nous avons ressenti une vive émotion à la lire une nouvelle fois.

Christophe Gervot

Cosi Fan Tutte

 

Ancona, Teatro delle Muse
Dramma gioco in due atti su libretto di Lorenzo Da Ponte
musica di Wolfgang Amadeus Mozart

Coro Lirico Marchigiano “V.Bellini”
Orchestra Filarmonica Marchigiana.
Direttore d’orchestra Daniel Kawka
Maestro del coro David Crescenzi
regia, scene, costumi Pier Luigi Pizzi
Luci di Vincenzo Raponi
Movimenti coreografici Roberto Maria Pizzuto
Nuovo allestimento Teatro delle Muse in coproduzione con Sferisterio Opera Festival

con
Fiordiligi Carmela Remigio
Dorabella Ketevan Kemoklidze
Guglielmo Markus Werba
Ferrando Paolo Fanale
Despina Giacinta Nicotra
Don Alfonso William Shimel

 

Ha completato al meglio il tutto – grazie anche all’impeccabile direzione di Daniel Kawka, sul podio dell’Orchestra filarmonica marchigiana – quel luminoso insieme di teatro e musica che il genio salisburghese aveva saputo esprimere.

Cronache Anconetane, 22 gennaio 2011

 

L’Orchestra Filarmonica Marchigiana, vanto della nostra Regione per l’alto livello raggiunto, riesce a mantenere costante quell’aura leggera e amorosa della musica mozartiana, che non sfugge all’attenzione del bravo direttore Daniel Kawka, il quale, oltre a rispettare la leggera filigrana del tessuto strumentale, dà rilievo ai differenti timbri strumentali per caratterizzare i personaggi: l’oboe, dal timbro nasale, per il vecchio e cinico Don Alfonso, i clarinetti sensuali e voluttuosi per le due donne disposte all’avventura, i violini e le viole per i sospiri e i singhiozzi (penetrante la lievissima brezza dei violini nel canto dell’addio agli amanti delle due donne), i flauti e i fagotti per le pene e gli affanni e i corni (bravissimi) per i richiami scherzosi. Le convenzioni dell’opera buffa e quelle dell’opera seria si ritrovano nel carattere dei protagonisti: Fiordiligi e Ferrando sono figli dell’opera seria, agli altri è riservato un linguaggio musicale più vicino alla tradizione comica. Le difficili e arcinote arie solistiche, parodie del grande stile tragico, assolutamente scoperte, richiedono doti vocali e stile ineccepibili. Comunque l’opera, imbastita più sui pezzi d’insieme che sui pezzi chiusi, va considerata globalmente. Nell’allestimento anconetano le voci sono affiatatissime e melodiose, restituiscono un’atmosfera costantemente sospesa, tuttavia le voci femminili prevalgono per qualità su quelle maschili.

Una voce poco fa, 22 janvier 2011

 

La direzione di Daniel Kawka si è caratterizzata per tempi decisamente serrati, ai quali però la sempre affidabile Filarmonica Marchigiana ha risposto con un suono brillante e compatto; apprezzabile anche l’attenzione del direttore ai tanti preziosismi della partitura, come il meraviglioso strumentale del terzetto “Soave sia il vento”, attaccato piano e svolto nel prescritto crescendo ma tenendo il suono sempre morbido.

Domenico Ciccone, Operaclick.com

 

Daniel Kawka (..) dirige la ridotta orchestra filarmonica marchigiana con carattere, senza mai abbandonare il palcoscenico creando un buon equilibrio tra buca e palco. Ha dimostrato di privilegiare i momenti più corposi della partitura e di saper in ogni occasione sostenere bene i cantanti. Per un direttore d’orchestra oggigiorno non è poca cosa, in considerazione dei ridottissimi giorni di prova. Pubblico assolutamente compiaciuto e numeroso come una prima comanda.

gbopera.it, Opera magazine

 

COSI FAN TUTTE1